La tech préoccupe les marchés, le prix du baril de Brent s’installe au-dessus des 100 dollars
La saison des résultats a remis une pièce dans la machine. La déception causée par les annonces de grands groupes technologiques, comme Alphabet mercredi soir, ainsi que des valorisations jugées excessives dans le secteur ont ravivé les doutes des investisseurs vis-à-vis du rendement des milliards de dollars injectés dans l'intelligence artificielle (IA). De quoi causer, hier, de nouvelles prises de bénéfices. L’indice phare sud-coréen, le Kospi (- 6 %), dont les deux premières pondérations sont les fabricants de mémoire Samsung Electronics et SK Hynix, a ainsi fortement reculé. « Les investisseurs sont de plus en plus nerveux quant à la durabilité du rally de l'IA, a déclaré à Bloomberg Gerald Gan, directeur des investissements chez Reed Capital. Cela dit, toute correction à court terme est susceptible d'attirer à nouveau les acheteurs. » Mais la géopolitique a ajouté au sentiment d’inquiétude. Alors qu’une série d'attaques a eu lieu au terminal du Consortium du pipeline de la Caspienne, localisé sur la côte russe de la mer Noire et qui exporte la majeure partie du brut du Kazakhstan, et que les Houthis ont attaqué des pétroliers en mer Rouge, le prix du baril de Brent a grimpé jusqu’à franchir à nouveau le seuil symbolique des 100 dollars hier. Une inflation que les menaces de frappes du président américain, Donald Trump, envers l’Iran n’arrangent pas. La flambée de 37% du prix du pétrole ce mois-ci ravive les craintes quant aux prochaines décisions de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed). Si la celle-ci ne devrait pas relever ses taux lors de sa réunion de la semaine prochaine, les marchés intègrent désormais pleinement une hausse à la mi-septembre. Une décision que la Banque centrale européenne pourrait aussi prendre, à en croire les déclarations de sa présidente, Christine Lagarde. A noter, en ce qui concerne les droits de douane, que les Etats-Unis ont annoncé qu’ils percevront des surtaxes de 10% à 12,5% sur les importations de la plupart des principaux partenaires commerciaux. Il s’agit de la plus grande initiative à ce jour pour reconstruire le mur tarifaire de Donald Trump, qui avait été abattu par la Cour suprême.
Carrefour au menu Ce vendredi, la séance sera placée sous le signe des indices d'activité PMI de juillet pour l'industrie et les services. A 10 heures, ils donneront la première photographie de l'économie de la zone euro au début du troisième trimestre et seront suivis avec attention après le retour du pétrole au premier plan. L'indice composite était tout juste revenu à 50 points en juin, seuil qui sépare croissance et contraction, mais restait inférieur à son niveau d'avant le choc énergétique. Dans une note, Oddo BHF a souligné un certain décalage : l'industrie montre quelques signes de redressement, tandis que les services restent à la traîne, symptôme d'une demande intérieure encore fragile. Les Etats-Unis prendront le relais à 15h45, toujours avec les enquêtes envoyées aux directeurs d'achat. Le moral de ceux-ci s'est raffermi ces derniers mois, en phase avec un Livre beige de la Réserve fédérale, qui fait état d'une hausse de l'activité dans onze districts sur douze. Oddo BHF a estimé que le choc de la guerre en Iran reste jusqu'ici modeste pour l'économie américaine, soutenue par un cycle d'investissement toujours robuste. Le marché voudra donc vérifier si l'écart continue de se creuser entre une Europe freinée par la faiblesse de sa demande intérieure et des Etats-Unis encore portés par les dépenses des entreprises. Au chapitre des valeurs, on surveillera notamment l’accueil réservé à Carrefour, qui a fait état, hier après la clôture, d’une hausse de 1,9% sur un an de son chiffre d’affaires en données comparables au deuxième trimestre, à 22,71 milliards d’euros, alors que les analystes tablaient sur 22,74 milliards. Le résultat opérationnel courant du groupe de grande distribution au premier semestre est, lui, ressorti à 757 millions d’euros, soit une hausse de 4% sur un an… mais en-deçà des attentes du consensus (779 millions). Les objectifs annuels ont, toutefois, été confirmés.
Source Investir
