Le marché en quête d’une trajectoire durable face à l’incertitude autour de l’IA et de la politique commerciale américaine
La journée de jeudi était placée sous le signe des Sept Magnifiques. Quatre composantes de ce club très fermé ont, en effet, publié leurs résultats trimestriels depuis mercredi soir. Apple, qui a repris la pôle position en matière de capitalisation boursière après que Nvidia a fait les frais des craintes créées par l’irruption de DeepSeek dans le paysage des agents conversationnels intelligents, a publié hier après la clôture un bénéfice par action de 2,40 dollars, légèrement supérieur aux 2,35 dollars attendus par le consensus. La tendance générale était néanmoins à la déception, les ventes d'iPhone étant toujours jugées faibles tout comme le chiffre d'affaires réalisé en Chine. Microsoft a, lui, chuté de 6,2% après avoir fait part la veille d’une prévision de croissance décevante des activités de cloud.
Du côté des réjouissances, Tesla a progressé de 2,9% après avoir promis après la clôture mercredi de lancer au premier semestre une nouvelle gamme très attendue de véhicules moins coûteux. Cette annonce a relégué au second plan des résultats trimestriels pourtant inférieurs aux attentes. Meta, qui a également communiqué ses comptes mercredi soir, a pris 1,6% alors que ses résultats ont dépassé les attentes entre octobre et décembre, quand bien même le groupe s’est montré prudent pour le trimestre en cours. A noter que les patrons de Meta et de Microsoft n’ont pas perdu l’occasion de défendre les investissements massifs de leur groupe dans l'intelligence artificielle (IA), après que ceux-ci ont suscité des interrogations eu égard à la capacité du Chinois DeepSeek à faire tourner à moindre coût des modèles d’IA jugés aussi performants que leurs rivaux occidentaux.
Tensions entre la Fed et la Maison-Blanche
Les préoccupations portant sur la politique commerciale de Donald Trump, qui a annoncé hier soir qu’il imposera des tarifs douaniers de 25% à l’égard du Mexique et du Canada dès demain, continuent par ailleurs de maintenir sous tension les investisseurs, qui s’inquiètent de l’impact de ces mesures sur l’économie et l’inflation aux Etats-Unis. « Tant que nous ne saurons pas quelles politiques commerciales et financières vont entrer en vigueur, il sera très difficile pour le marché de s'inscrire dans une trajectoire durable », a déclaré Oliver Pursche, vice-président de Wealthspire Advisors, alors que l’hypothèse d’une taxe douanière universelle est toujours sur la table.
Sur le plan des politiques monétaires, la Banque centrale européenne a décidé hier de baisser ses taux directeurs de 25 points de base tandis que la Réserve fédérale américaine a fait le choix la veille de laisser les siens inchangés. Ce qui n’est pas au goût de Donald Trump, qui a affirmé vouloir « libérer l'emprunt pour tous les Américains ». L’institution, critiquée par le président ces dernières semaines, avait indiqué mercredi par la voix de son président Jerome Powell ne « pas avoir besoin d’agir dans la précipitation pour ajuster [sa] politique ». C’est dans ce contexte tendu qu’elle prendra connaissance, cet après-midi, de son indicateur préféré : l’indice PCE, qui mesure l’évolution des prix. Celui-ci devrait avoir accéléré en décembre de 0,3% sur un mois en données générales et de 0,2% hors alimentation et énergie. Sur un an, les prix devraient avoir augmenté de 2,6% et de 2,8%.
Au chapitre des entreprises, on scrutera les commentaires de la direction de l’entreprise de services du numérique Atos lors de l’assemblée générale mixte qui se tiendra à 10 heures à Bezons (Val-d’Oise). Outre-Atlantique, les majors pétrolières publieront leurs résultats du quatrième trimestre dans un tir groupé. Chevron, composante du Dow Jones, devrait selon le consensus Bloomberg publier un profit unitaire de 2,11 dollars (-16%), pour des revenus de 45,88 milliards (-9,4%). Les analystes s’attendent à ce qu’Exxon Mobil fasse état d’un bénéfice par action de 1,54 dollar, en recul de 20% par rapport au troisième trimestre, à partir de 81,8 milliards de chiffre d'affaires, lui-même en baisse de 9%. De manière générale, Wall Street anticipe une forte baisse des bénéfices des raffineurs sur la période, notamment en raison de la baisse de la demande en carburant.
Source Investir
