Légère accalmie sur le pétrole et les marchés obligataires… Un rebond possible à la Bourse de Paris
Sur une séquence inconfortable de 14 baisses lors des 17 dernières séances, dont trois consécutives depuis le début de la semaine, le Cac 40 subit sa rentrée après l’ivresse des nouveaux sommets estivaux. La faute en revient, comme souvent, à une conjonction de facteurs parmi lesquels on retrouve de l’instabilité, à la fois géopolitique (Moyen-Orient) et politique, en France, avec l’élection présidentielle en ligne de mire, ainsi que macroéconomique, les anticipations de hausses de taux à venir de la Fed sur fond de flambée des cours de l’énergie se traduisant actuellement par une chute des marchés obligataires mondiaux - une hausse des rendements des emprunts d’Etat correspondant à une baisse du prix desdites obligations.
Prudence face à la flambée obligataire
Face à ce cocktail explosif, les « bonnes nouvelles » sont prises avec des pincettes. En témoigne la dernière intervention de Donald Trump, qui a minimisé la perspective d’un conflit prolongé avec l’Iran, réaffirmant par ailleurs que les Etats-Unis contrôlent le détroit d’Ormuz. Si ce dernier élément est factuellement faux, les marchés se sont raccrochés à l’espoir d’une fin des hostilités au Moyen-Orient, ce qui a provoqué un léger reflux des cours pétroliers et un rebond, d’ampleur similaire, des actions à Wall Street hier puis en Asie ce matin [voir « Un œil sur les Etats-Unis et l’Asie », NDLR]. Si la stabilisation des cours du pétrole a quelque peu réduit la pression sur le marché obligataire, ce regain d’optimisme n’a duré qu’un temps et les rendements des bons du Trésor américain à 10 ans pointent encore à 4,78%. « Il y a de multiples conflits non résolus et, surtout, aucun calendrier précis pour leur résolution », constate Natalia Lojevsky, directrice générale chez CIFC Asset Management. « Les investisseurs doivent faire preuve de prudence lorsqu’ils interviennent », ajoute-t-elle, pointant le fait qu’« à un certain moment, la hausse des rendements devient une expérience douloureuse pour les actions ».
Broadcom au rapport
Au chapitre microéconomique, les investisseurs ont encore quelques publications de résultats à se mettre sous la dent, notamment celle du géant des puces et des logiciels Broadcom, parfois qualifié de « Huitième magnifique », dont le titre a légèrement reculé dans les échanges après-Bourse avant d’effacer la quasi-totalité de ses pertes. Si les chiffres du trimestre écoulé et les prévisions pour le trimestre en cours sont ressortis, de peu, supérieurs aux attentes, les prévisions à plus long terme s’avèrent particulièrement robustes ; Broadcom prévoit en effet de doubler ses ventes de puces d’IA sur l’exercice en cours, à 115 milliards de dollars, avant un nouveau doublement l’exercice suivant.
Côté français, Soitec profite également de la forte demande pour ses solutions dédiées aux centres de données pour relever son objectif de chiffre d’affaires pour le deuxième trimestre, désormais attendu en hausse de 50% sur un an, contre 30% auparavant. Vivendi publiera pour sa part ses résultats trimestriels après la clôture.
Source Investir
