Cela commence à ressembler à un jour sans fin. Alors que Microsoft et Alphabet ont déjà fait les frais en Bourse du niveau élevé de leurs investissements dans l’intelligence artificielle (IA), après la publication de leurs résultats ces derniers jours, Amazon devrait connaître le même sort. Le groupe a indiqué hier prévoir de dépenser 200 milliards de dollars dans le domaine en 2026. En conséquence, le cours de la multinationale chute de 11% dans les cotations d’avant Bourse à Wall Street. Jusqu’ici, les annonces des Big Tech laissent entrevoir des dépenses en capital de l’ordre de 650 milliards de dollars cette année. Une somme d'argent stupéfiante allouée aux centres de données et à la longue liste d'équipements nécessaires à leur fonctionnement, parmi lesquels les puces dédiées à l’IA.
C’est davantage l’accumulation de doutes, publication après publication, chez les investisseurs qui cause leur désengagement plutôt qu’une unique mauvaise nouvelle. « La correction technologique ramène les valorisations à des niveaux qui incluent une prime de risque plus saine, a relativisé auprès de Bloomberg Rajeev De Mello, gestionnaire de portefeuille macroéconomique mondial chez Gama Asset Management. Je pense toujours qu'il pourrait y avoir plus [de croissance] à venir, car le sentiment des investisseurs était très positif jusqu'au milieu de la semaine dernière. Mais la rapidité du déclin ces derniers jours a été forte, donc je ne suis pas surpris par une certaine consolidation. »
Le sentiment des ménages américains au programme
Sur le plan macroéconomique, les rendez-vous seront moins nombreux qu’attendu aux Etats-Unis. Les statistiques de l'emploi de janvier ne seront finalement pas publiées ce vendredi, conséquence d’un court « shutdown » de trois jours, finalement levé après l’adoption mardi par la Chambre des représentants d’un texte budgétaire. Une absence d'autant plus frustrante que ces chiffres devaient intégrer des révisions annuelles susceptibles de montrer un marché du travail moins robuste que prévu en 2025. Il faudra faire montre de patience jusqu'au 11 février.
Restera donc un indicateur pour prendre la température outre-Atlantique : l'indice de confiance de l'université du Michigan, attendu à 16 heures. Le consensus table sur un indice du sentiment du consommateur à 55 en février, après 56,4 en janvier. L'enquête s'est redressée depuis la fin du « shutdown » de l'automne dernier, et certains économistes estiment que l'amélioration pourrait se poursuivre. Pour autant, le moral des ménages reste inférieur de plus de 20% à son niveau d'il y a un an, ces derniers invoquant la hausse des prix et la détérioration du marché du travail dans le pays.
Deux résultats annuels pour le Cac 40
Vinci a publié hier soir après la clôture un chiffre d'affaires de 74,6 milliards d'euros en 2025, en hausse de 4,2% sur un an. Le groupe de construction et de concessions, qui a enregistré un résultat net de 4,9 milliards d’euros au terme de son exercice, a affirmé anticiper une « progression » de ses revenus et de sa rentabilité en 2026. Son flux de trésorerie disponible pourrait de son côté avoisiner les 6 milliards d'euros, alors qu’il a atteint un niveau record de 7 milliards l’an dernier.
Société Générale a fait état ce matin avant l’ouverture d'un résultat net part du groupe en hausse de 36,4% sur un an, à 1,42 milliard d'euros, soit 21% plus haut que les attentes du consensus fourni par ses soins. La banque a relevé son objectif clé pour 2026 de rentabilité, le retour sur capitaux tangibles, à plus de 10%, contre une fourchette précédente comprise entre 9% et 10%. Il reste toutefois inférieur à celui de ses concurrents, notamment BNP Paribas, qui vise près de 13%.
Source Investir