Le pétrole flambe sur fond d’un possible blocus prolongé du détroit d’Ormuz et éclipse une solide salve de publications trimestrielles

30/04/2026
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C’est peu dire que l’actualité du jour est riche, entre évolution de la situation au Moyen-Orient, réunions de politique monétaire des grandes banques centrales et fournée de résultats trimestriels. Dans ce flot d’actualités, le Cac 40 devrait ouvrir sa dernière séance d’une semaine raccourcie (le marché parisien gardera portes closes le 1er mai) dans le rouge, les contrats à terme pointant vers une ouverture en baisse d’environ 0,6% à ce stade, pénalisé par une nouvelle flambée des cours du pétrole.

Dopé par l’évocation, par Washington, d’un blocus prolongé du détroit d’Ormuz et par les informations du média Axios au sujet d’une réunion concernant de possibles nouvelles opérations militaires contre l’Iran auquel doit assister Donald Trump ce jeudi, les cours des principales références mondiales de brut atteignent de nouveaux sommets depuis mi-2022. En hausse de près de 10% en réaction à ces informations, le baril de Brent se négocie désormais aux alentours de 125 dollars l’unité, soit plus du double du cours auquel il s’échangeait il y a quelques mois.

Une Fed divisée

La dernière réunion de politique monétaire de la Fed présidée par Jerome Powell s’est sans surprise soldée par un maintien des taux directeurs à un niveau inchangé, mais le compte-rendu a révélé une division croissante au sein de l’institution entre les gouverneurs quant à la posture à adopter vis-à-vis des incertitudes au Moyen-Orient. Les présidents des Fed de Cleveland, de Minneapolis et de Dallas, Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan, « ont soutenu le maintien de la fourchette cible pour le taux des fonds fédéraux, mais n'ont pas soutenu l'inclusion d'un biais d'assouplissement dans la déclaration », précise le communiqué. Autrement dit, ces trois responsables étaient d’accord pour ne pas toucher aux taux lors de cette réunion mais n’envisagent pas de les baisser lors des prochaines réunions, contrairement à une majorité des autres responsables de l’institution. Le gouverneur Stephen Miran plaidait quant à lui en faveur d’une réduction de 25 points de base. Le vote final, à 8 contre 4, a marqué la première fois depuis octobre 1992 qu’autant de responsables ne s’alignent pas sur la décision du comité.

Lors de ce qui était sa dernière conférence de presse en tant que président de la Fed, Jerome Powell a affirmé avoir l'intention de rester à la banque centrale en tant que membre de son Conseil des gouverneurs.

Les « Big Tech » solides

Quatre des « Sept Magnifiques » dévoilaient leurs comptes trimestriels simultanément mercredi après la clôture à Wall Street. Et s’ils (Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta) ont tous dépassé les attentes des analystes, tant sur la croissance des revenus que sur les bénéfices, seule la publication de la maison-mère de Google reçoit un accueil triomphal, le titre ayant bondi de 7% dans les échanges après Bourse à un nouveau record historique. Au-delà du chiffre d’affaires d’Alphabet, ressorti en hausse de 22% sur un an à 109,9 milliards de dollars entre janvier et mars (contre un consensus à 107,2 milliards), les investisseurs applaudissent surtout la croissance du pôle Google Cloud, dont les revenus s’envolent de 63% sur un an à 20 milliards, surpassant nettement les attentes (+50%).

En comparaison, la croissance du pôle cloud de Microsoft, Azure, ferait presque pâle figure, même si celle-ci s’établit encore à 40% en rythme annualisé. « Ce n'est pas un trimestre époustouflant, ce qui est probablement ce dont (Microsoft) a besoin pour porter son action dans la bonne direction et être un catalyseur », a jugé Melissa Otta, directrice de la recherche chez S&P Global Visible Alpha.

Parmi ces publications, c’est celle de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp) qui reçoit l’accueil le plus frileux (-7% dans les échanges après-Bourse), les opérateurs s’inquiétant de la croissance exponentielle de ses investissements. Le groupe dirigé par Mark Zuckerberg a en effet relevé sa cible de dépenses en capital de 125 à 135 milliards sur l’exercice en milieu de fourchette.

Robuste salve de résultats en France

De nombreux composants du Cac 40 ont également fait un point d’activité trimestriel ce jeudi avant l’ouverture du marché, à commencer par les trois principales banques françaises. BNP Paribas a fait part d’une bénéfice net trimestriel meilleur que prévu (à 3,22 milliards d’euros, contre un consensus à 2,93 milliards), porté par le dynamisme de sa banque de détail, qui a compensé la modeste performance de la division banque d’investissement. Société Générale a de son côté fait état de résultats supérieurs aux attentes, les mesures de réductions des coûts et la reprise dans la banque de détail ayant plus que compensé la faiblesse, là aussi, de la banque d’investissement. Le premier trimestre a en revanche été plus difficile pour Crédit Agricole, dont le coût du risque a bondi sur la période sur fond de renforcement des provisions pour créances douteuses face aux incertitudes engendrées par la guerre au Moyen-Orient.

Au-delà des banques, Schneider Electric continue de profiter du super-cycle d’investissements des géants de la technologie dans les centres de données, et affiche une croissance organique de 11,2% de ses revenus sur les trois premiers mois de l’année, contre un consensus logé à 10,1%. Le champion français des services numériques, Capgemini, a quant à lui confirmé son redressement opérationnel avec une croissance de 11% de ses revenus à changes constants au premier trimestre, assortis de prises de commandes en hausse de 6%.

Source Investir