Attaques en Iran : le détroit d'Ormuz paralysé, le pétrole s'enflamme et le Cac 40 attendu en baisse de 2%

02/03/2026
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Vers un baril au-dessus de 100$ ?

La géopolitique a repris le dessus. Samedi 28 février aux premières heures de la matinée, Israël et les Etats-Unis ont lancé l’opération Fureur épique consistant à bombarder de nombreux sites en Iran pour éliminer les lanceurs de missiles iraniens et mettre à bas les plus hauts dignitaires du pays. De fait, le guide suprême de la République islamique, Ali Khamanei, au pouvoir depuis 37 ans, a péri à l’issue d’une attaque ciblée de bien plus grande ampleur que la guerre des 12 jours de juin 2025.
Alors que les négociations entre Washington et Téhéran autour de la question du nucléaire n’aboutissaient à aucun accord et que l’armada envoyée dans le Golfe persique par les Etats-Unis venait d’être renforcée, Donald Trump a donné son feu vert pour lancer avec Israël la plus importante opération militaire au Moyen-Orient depuis la guerre d’Irak en 2003. Deux heures après l’attaque, les forces iraniennes ont répliqué par les armes en envoyant des missiles et des drones vers Israël et les bases américaines situées dans les pays voisins (Qatar, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Irak, etc.) et ensuite, en fermant le détroit d’Ormuz. L’Arabie saoudite reste, pour l’heure, en dehors du confit, qui, s’il devait se prolonger, prendrait une tout autre ampleur. Donald Trump a indiqué s’attendre à 4 à 5 semaines de guerre. Ce matin, Israël a lancé des frappes contre le Hezbollah, allié de Téhéran, dans le sud du Liban.
Le président américain a pris un grand risque en agissant en dehors du droit international et en privant le monde de 20% du pétrole et du gaz dont il a besoin pour fonctionner et notamment la Chine, premier client de l’Iran. Les pétroliers présents dans le Détroit d’Ormuz, soit 150 navires, y sont bloqués, ce qui a fait flamber les prix du baril ce matin, à 79$. Les nombreux experts interrogés estiment très probable une envolée des cours au-delà de 100 dollars, ce qui augmenterait fortement le prix du litre d’essence. Les primes d’assurance sur ces pétroliers ont beaucoup augmenté.
Ce matin, les cours de l’or progressent. L’once de métal fin se traite à 5.377,4 $. Les futures à Wall Street indiquent une ouverture du S&P 500 en repli de 1%.
Thales, le dernier du Cac 40 à publier
A l’ouverture, le Cac 40 est attendu en repli, d’autant qu’avant cette opération en Iran, l’indice parisien venait de pulvériser un nouveau record à 8.642,23 points le jeudi26 février. Le mois de février s’est certes achevé vendredi sur un léger repli de 0,47% à 8.580,75 points, mais le gain mensuel a été de 5,6 % (le plus élevé depuis janvier 2025 à +7,7%).
La semaine qui s’ouvre va clore le bal des publications du Cac 40 avec Thales mardi 3 mars (avant Bourse). Un premier bilan peut d’ores et déjà être dressé et il est plutôt bon, avec des publications très bien accueillies chez ArcelorMittal, Bureau Veritas, Engie, EssilorLuxottica, Legrand, Michelin, Orange, Safran, Schneider, ou Vinci. On déplore toutefois des déceptions, toujours sévèrement sanctionnées en Bourse le jour de l’annonce, comme pour Dassault Systèmes ou Eurofins Scientific. Le marché a également pris en compte les futures perturbations apportées par l’IA sur plusieurs secteurs et entreprises comme par exemple, Publicis ou EssilorLuxottica qui en ont fait les frais récemment.
Ce lundi, le marché va écouter le discours d’Emmanuel Macron sur la doctrine nucléaire française et sur le programme commun européen d’avions du futur. Ses propos pourraient faire bouger les titres du secteur aéronautique-défense, comme Airbus, safran, ou Dassault Aviation. Ce dernier va, par ailleurs, publier ses comptes le mercredi 4 mars.
Sur le front économique, les indices PMI nationaux des directeurs des achats des secteurs manufacturier et des services animeront la semaine et permettront de mieux appréhender l’état de santé des économies (Chine, Etats-Unis, Inde, Japon, zone euro).
Vendredi, les chiffres de l’emploi américain
Jeudi, les investisseurs auront les yeux braqués sur Pékin pour suivre avec attention l’ouverture de la cession annuelle de l’Assemblée populaire nationale, au cours de laquelle le plan quinquennal 2026-2030 devrait être dévoilé. Au-delà du discours habituel très formaté, le marché guettera des mesures spéciales de relance de l’activité, la Chine étant toujours à la traîne en termes de croissance.
Enfin vendredi, comme tous les débuts de mois, les données officielles sur l’emploi du mois précédent (février) aux Etats-Unis seront annoncées par le département du Travail. Jusqu’ici, pas d’alerte du côté de l’emploi, mais la Bourse qui anticipe un statu quo de la part de la Réserve fédérale lors de la prochaine réunion de son comité des 17 et 18 mars, sera attentive aux dernières statistiques en la matière.

Source Investir