Rebond spectaculaire du Cac 40 en ouverture, Trump affirme que les Etats-Unis quitteront l'Iran d'ici deux à trois semaines

01/04/2026
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Une nouvelle promesse venue de la Maison Blanche, celle d'un conflit iranien qui pourrait s'éteindre très prochainement, et voilà que les Bourses mondiales frôlent l'hystérie. Dans « deux, peut-être trois semaines », les Etats-Unis quitteront l'Iran, a affirmé Donald Trump, peu importe qu'un accord soit conclu et que le détroit d'Ormuz soit bloqué par la République islamique. Donald Trump, lequel doit prendre la parole jeudi à 3 heures (heure de Paris), a ajouté que les pays souhaitant obtenir « son pétrole ou son gaz » dans la région auront à se « débrouill[er] tout seuls ».

La réaction des marchés financiers a d'abord pris forme à Wall Street, où le Dow Jones a bondi de plus de 1.100 points, le S&P 500 de 2,9 % et le Nasdaq de 3,8 %, avant de se propager en Asie où le Kospi sud-coréen mène la danse avec une envolée d'environ 9 %. A Paris, à l'ouverture le Cac 40 en hausse de 2,2 %. Sur le mois de mars, l'indice de référence a signé sa plus forte chute (-8,9 %) depuis mars 2020, du temps du Covid-19.

Le scénario repose pourtant sur un enchaînement encore fragile, largement construit autour des déclarations d'un président habitué aux retournements de veste. Sa capacité à dire une chose et son contraire, à annoncer un départ tout en gardant la main sur une possible escalade, a alimenté autant le rebond des marchés que leur nervosité latente ces dernières séances. Ce qui change cette fois est la réponse iranienne. Le président Massoud Pezeshkian a déclaré que son pays avait la volonté « de mettre fin » à la guerre, mais voulait des garanties pour « empêcher la répétition de l'agression », selon un communiqué de son bureau.

« Les marchés interprètent cela comme un signe très positif, explique Nick Twidale, analyste en chef chez AT Global Markets à Sydney. Mais je pense que nous allons connaître davantage de volatilité dans les jours à venir et que les investisseurs voudront bientôt des preuves concrètes que la fin de la guerre est en vue. »

Un marché trop complaisant ?

Le prix du Brent tourne autour des 103 dollars le baril (-0,6 %), après avoir reculé de 3,2 % la veille. Même si le conflit s'arrêtait dans les délais fixés par Donald Trump, le rétablissement normal du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, prendrait du temps et certaines installations énergétiques ont été très endommagées. Les discussions évoquées autour d'une possible intervention pour rouvrir le détroit, notamment avec l'appui d'alliés régionaux, restent à ce stade des intentions rapportées, ce qui explique pourquoi le marché pétrolier reste sur la défensive quand les actions, elles, se projettent déjà dans l'après.

« Le marché fait preuve de complaisance, pensant que la situation se normalisera rapidement, a déclaré Dominic Schnider, responsable des matières premières chez UBS, cité par l'agence Bloomberg. Il est inédit de connaître un tel choc d'offre, et pourtant les prix ne sont même pas plus élevés qu'en 2022 », faisant référence à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.