Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid sur les marchés mondiaux. Alors que ces derniers avaient pris le parti, ces derniers jours, de croire les déclarations du président américain affirmant que les Etats-Unis mettraient fin à la guerre « d’ici deux à trois semaines, qu’un accord soit conclu ou non [avec l’Iran, NDLR] », ce qui s’était traduit par un sensible rebond des marchés actions, ceux-ci devraient nettement repartir à la baisse ce jeudi, après le discours à la nation du milliardaire républicain. Celui-ci s’est en effet résumé à un exercice d’autosatisfaction, au cours duquel Donald Trump a prétendu plusieurs fois que les Etats-Unis étaient « très proches de finir le boulot ».
Le président américain a, par ailleurs, promis de frapper « très durement » l’Iran dans les « deux à trois prochaines semaines », jusqu’à les renvoyer « à l’âge de pierre où ils appartiennent ». Quant au détroit d’Ormuz, Donald Trump a indiqué qu’il rouvrirait « naturellement », sans préciser quand ni comment. « Le discours de Trump n'était pas ce que le marché avait espéré – à savoir, des signaux indiquant une fin du conflit », juge Jumpei Tanaka, responsable de la stratégie d'investissement chez Pictet Asset Management Japan. « Au lieu de cela, il a suggéré une escalade potentielle à court terme, ce qui constitue un facteur négatif pour les marchés actions », ajoute-t-il. Selon les contrats à terme, le Cac 40 devrait en effet effacer, à l’ouverture des échanges, la majeure partie des gains accumulés hier (+2,1%).
Le pétrole, de son côté, repart violemment à la hausse puisque le baril de Brent reprend plus de 6% à près de 107 dollars ce matin, après avoir reflué d’environ 15% la veille.
Plus d’incertitudes
Le discours en « prime time » du président américain n’a donc pas rassuré les investisseurs. « Ils attendaient une certaine clarté sur la fin du conflit mais Donald Trump n’a fait qu’ajouter plus d’incertitudes », regrette Nick Twidale, analyste de marché chez AT Global Markets. « Les marchés sont clairement peu impressionnés » par cette prise de parole, a-t-il ajouté.
Quelques heures avant celle-ci, le président iranien avait pris la mesure (inhabituelle) de publier une lettre ouverte adressée aux Américains, arguant que son pays n'avait aucune inimitié avec les États-Unis et avait agi en légitime défense, avertissant que « continuer sur la voie de la confrontation serait plus coûteux et futile que jamais ». Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait (encore) affirmé que l’Iran avait demandé un cessez-le-feu, ajoutant que les Etats-Unis ne l’envisageraient qu’après la réouverture du détroit d’Ormuz. Une affirmation démentie par le ministre iranien des Affaires étrangères, qui l’a qualifiée de « fausse et sans fondement » selon la télévision d’Etat. « Tout le monde aimerait pouvoir passer à autre chose mais il reste encore beaucoup à démêler des événements du mois dernier au Moyen-Orient », estime Ken Wong, spécialiste des portefeuilles d'actions asiatiques chez Eastspring Investments Hong Kong.
« La question est de savoir dans quelle mesure ces développements se répercuteront sur l'économie mondiale au cours des prochains trimestres », ajoute l’expert. Et après s’être montrés optimistes vis-à-vis des précédentes « promesses » de Donald Trump quant à une possible résolution rapide du conflit, les investisseurs semblent désormais prendre conscience que celui-ci laissera des traces importantes - et difficilement estimables à l’heure actuelle tant le manque de vision de l’administration Trump rend les projections compliquées.
Source Investir