Petite consolidation en vue au lendemain de la meilleure séance du Cac 40 en plus de quatre ans

09/04/2026
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Un rebond de soulagement, mais le risque ne disparaît pas

Au soir du 39ème jour de guerre entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran, une trêve a été obtenue. L’annonce par Donald Trump d’un cessez-le-feu de deux semaines et de la réouverture du détroit d’Ormuz a été saluée par les marchés financiers. Le Cac 40 qui culminait à 8.580 points avant le conflit a rebondi hier de 4,5 % à 8.263,87 points, la meilleure séance depuis mars 2022. Les autres places boursières étaient à l’unisson, y compris Wall Street (le Dow Jones a regagné 2,85%, le Nasdaq, 2,80% et le S&P 500, 2,51%).
Dans le même temps, le prix du pétrole a naturellement reculé, à 94,77$ pour le baril de Brent en fin de séance à Paris, alors qu’il avoisinait 120$ (et même 140$ pour les transactions physiques) il y a une semaine. La prime de risque géopolitique s’est donc un peu dégonflée, mais ce cours est encore très supérieur aux 60$ de début janvier.
Les perturbations vont persister
Ce n’est pas parce que les navires bloqués vont pouvoir quitter le détroit d’Ormuz que les flux énergétiques vont immédiatement retrouver leurs niveaux d’avant le conflit. De plus, remettre en route des puits de production à l’arrêt ne se fait pas du jour au lendemain. Quant aux dommages causés sur les installations, ils prendront des années à être réparés.
Les investisseurs qui redoutaient une remontée de l’inflation, associée à un ralentissement de la croissance, ont poussé un immense « ouf » de soulagement. « Les marchés ont immédiatement considéré cette annonce comme un recul du principal risque macroéconomique, celui d’un choc d’offre » a indiqué Stephen Dover, le directeur du Franklin Templeton Institute. La baisse des coûts énergétiques va réduire la pression sur le pouvoir d’achat des consommateurs et sur les marges des entreprises. Les perspectives de croissance des bénéfices s’en trouvent donc améliorées. Les banquiers centraux qui auraient sans doute été tentés de durcir le ton en cas de prolongation du conflit, pourraient désormais maintenir un statu quo sur les taux d’intérêt. La réaction sur les marchés obligataires a été également violente, avec une nette baisse des rendements sur la dette française et allemande.
Une trêve qui ne tient qu’à un fil
Mais ce cessez-le-feu est déjà menacé. En effet, il ne comprend pas le Liban, puisqu’Israël y poursuit ses bombardements. Pour l’ONU, ces frappes israéliennes sont un grave danger pour la trêve. De plus, très peu de bateaux ont quitté le détroit d’Ormuz, dont la sécurité n’est pas assurée. En effet, les navires doivent emprunter des routes alternatives proches des côtes iraniennes, compte tenu des mines posées sur l’itinéraire habituel plus au large. Par ailleurs, l’armada américaine demeure déployée dans la région.
Pour Stephen Dover, « le cessez-le-feu reste temporaire. Cette situation se présente comme une pause dans les négociations, non comme une résolution du conflit et la confiance dans la sécurité dans le détroit semble incertaine. » Dans les prochains jours, les yeux des investisseurs resteront donc braqués sur ce point de passage stratégique, guettant la bonne circulation des navires (site de suivi maritime Marine Traffic). Le Liban sera aussi au centre de l’attention. « L’Iran doit décider s’il veut que la trêve échoue à cause du Liban » a déclaré le vice-président américain JD Vance. De son côté l’Iran pointe l’entrée d’un drone dans l’espace aérien iranien et le refus de Washington d’autoriser l’enrichissement d’uranium. Les pourparlers s’annoncent donc on ne peut plus difficiles. Les prix du pétrole sont d’ailleurs repartis à la hausse à 97$ ce matin.

Source Investir