Le cessez-le-feu est fragile… et les investisseurs surveillent la situation de près. Ils chercheront à déceler dans les pourparlers prévus entre les États-Unis et l'Iran, qui débuteront samedi au Pakistan, des indices quant à l’évolution à venir du marché. Si Israël a parallèlement accepté des négociations avec le Liban, la fermeture du détroit d'Ormuz continue de préoccuper les investisseurs, qui ont bien conscience de son rôle central dans les flux pétroliers mondiaux. « Le marché commence à intégrer la possibilité qu'un accord puisse être conclu au cours du week-end », a déclaré à Bloomberg Hao Hong, directeur des investissements chez Lotus Asset Management, assurant que son « modèle quantitatif montre que le rebond technique devrait se poursuivre pendant au moins quelques jours ».
Pour autant, d'autres investisseurs sont plus sceptiques. « Je ne suis pas très optimiste. Même si un accord est conclu ce week-end, il est probable que l'approvisionnement en pétrole reste limité. Cela n'est plus reflété dans la prime de risque des actions », a ainsi estimé Nick Ferres, directeur des investissements de Vantage Point Asset Management. Il faut dire que, si les États-Unis et l'Iran ont semblé suspendre la plupart des frappes depuis l’annonce du cessez-le-feu mardi, le ministère koweïtien des Affaires étrangères a affirmé hier que des attaques de drones menées par l'Iran ont depuis ciblé un certain nombre d'installations vitales dans le pays. Dans le même temps, le président américain Donald Trump a enjoint le Premier ministre israélien à « faire profil bas » vis-à-vis du Liban.
L'indice de volatilité de CBOE, considéré comme l'indicateur du niveau de peur à Wall Street, a reculé hier à un plus bas inédit depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Parallèlement, le département américain du Commerce a publié des données montrant que l'économie américaine a progressé au quatrième trimestre à un rythme moins important qu'attendu initialement et un autre de ses rapports a indiqué que les prix à la consommation sont restés élevés aux Etats-Unis. A noter que, d’après le compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed), également publié hier, certains de ses responsables soutiennent le scénario d'une hausse des taux d'intérêt dans le but de contrer les répercussions inflationnistes de la guerre au Moyen-Orient.
L’inflation au centre de l’attention
Ce vendredi, à 14h30, l’inflation américaine de mars sera justement au centre de l’attention des marchés. Selon les estimations, l'indice des prix à la consommation pourrait progresser de 0,9% sur un mois, après 0,3% en février, soit la plus forte hausse mensuelle depuis juin 2022. En rythme annuel, l'inflation remonterait autour de 3,4%, soit un point de pourcentage de plus que le mois précédent. Ce rebond s'explique en grande partie par la hausse des prix de l'essence, alors qu’ils ont dépassé les 4 dollars le gallon. A 16 heures, l'indice préliminaire de confiance de l'Université du Michigan apportera un éclairage sur les anticipations des ménages. La composante des anticipations d'inflation à un an est attendue en hausse, à 4,3%, contre 3,8% précédemment.
Au chapitre des entreprises, on surveillera l’accueil réservé à Sodexo. Le groupe de restauration collective a annoncé ce matin abaisser ses objectifs pour l’exercice en cours, qui s'achèvera fin août, après avoir accusé une baisse de ses résultats au premier semestre. Il prévoit désormais d’enregistrer une croissance à périmètre et changes constants de son chiffre d'affaires comprise entre 0,5% et 1% sur un an (contre 1,5% à 2,5% précédemment), ainsi qu'une marge d'exploitation comprise entre 3,2% et 3,4% (contre un peu moins de 4,7% jusqu’ici). Les effets de change ont fortement affecté son chiffre d’affaires et son résultat net au premier semestre, clos fin février. Sodexo présentera, pour rappel, sa nouvelle feuille de route lors d'une journée dédiée aux investisseurs le 16 juillet prochain.
Source Investir