Cette semaine est bien celle du secteur du luxe, dont trois composantes du Cac 40 se livraient à l'exercice de la publication des chiffres du premier trimestre. Avec de lourdes sanctions à la clé pour Kering comme pour Hermès, le premier lâchant plus de 9% quand le second, réservé à la baisse en ouverture, plonge comme rarement dans l'histoire du groupe en Bourse, de plus de 13%. En début de matinée, l'indice de la place de Paris perd 0,62% à 8.276,61 points.
Gucci, principale marque de Kering, a accusé une nouvelle baisse de 8% sur un an de ses ventes, tout en qualifiant ce trimestre de « première étape significative » de son redressement. Le chiffre d'affaires de la maison de mode italienne pour la période de janvier à mars est ressorti à 1,35 milliard d'euros, légèrement en-deçà des attentes de 1,37 milliard du consensus, pour un onzième trimestre de dégradation d'affilée. La guerre avec l'Iran a amputé la croissance de 1 point, pour Gucci comme à l'échelle de la société. Le prochain rendez-vous pour Kering est fixé à ce jeudi, son nouveau plan stratégique devant être présenté à Florence par le PDG venu de Renault Luca de Meo.
Le S&P 500 proche de ses records
Quant à Hermès, ses ventes ont augmenté de 5,6% à taux de change constants, mais c'est en-deçà des 7,1% qui étaient visés par le consensus Visible Alpha. En données publiées, qui intègrent de gros effets de change négatifs comme pour les autres acteurs du secteur, le chiffre d'affaires recule de 1,4%. En France, les ventes ont reculé de 3% au premier trimestre sur un an, pénalisées par le ralentissement des flux touristiques, notamment en mars, souligne Hermès.
Hier, les grands indices américains sont parvenus à poursuivre sur leur lancée de la veille (+0,7 à +2%), soutenus par les espoirs de reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran. Mardi, un responsable de la Maison Blanche a indiqué à CNBC qu'un deuxième cycle de négociations entre Washington et Téhéran était en discussion. Ce matin, on en sait un peu plus. Donald Trump a déclaré au New York Post que ces pourparlers pourraient reprendre « dans les deux prochains jours » au Pakistan. Le S&P 500 a maintenant effacé les pertes accusées depuis le début du conflit, fin février, et est même revenu près de son record de 7.002,28 points du 28 janvier. Le baril de pétrole est maintenant bien en-deçà de la barre des 100 dollars, à un peu plus de 95 dollars pour la référence du Brent.
« Fenêtre de tir instable »
« Les marchés étaient déjà plutôt enclins à penser que la diplomatie se maintiendrait sous une forme ou une autre, estime Charu Chanana, stratégiste en chef des investissements chez Saxo Markets, ce signal est important car il concrétise cet espoir et suffit à renforcer le marché des valeurs de relance. » « Une légère hausse des actions à court terme reste possible si le cessez-le-feu tient et si les résultats sont meilleurs que prévu, mais cette fenêtre de tir semble intrinsèquement instable », relativise de son côté Stefano Pascale chez Barclays.
Ce mercredi, les rendez-vous économiques seront essentiellement américains. On attend les résultats de l'enquête manufacturière Empire State de la Réserve fédérale de New York pour le mois d'avril et l'évolution des prix du commerce extérieur en mars à 14h30, avant l'indice NAHB de la confiance des promoteurs-constructeurs du mois d'avril à 16 heures. La Fed dévoilera en soirée son Livre beige, document préparatoire à sa prochaine réunion de politique monétaire des 28 et 29 avril.
Source Investir