Les trimestriels ou le détroit d’Ormuz, qui l’emportera cette semaine ?

20/04/2026
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Le détroit d’Ormuz rouvrira-t-il ? Les négociations vont-elles reprendre ce lundi à Islamabad entre Américains et Iraniens ? Oui, selon les premiers, non selon les seconds. La trêve entre les mêmes, qui court en principe jusqu’à mercredi, tiendra-t-elle ? Sera-t-elle rompue ou prolongée ? Donald Trump va-t-il mettre à exécution sa menace réitérée de détruire centrales électriques et ponts en Iran ?
Ces questions attendent leur réponse ce lundi matin après un week-end où Iraniens et Américains n’ont cessé de se contredire et, à nouveau, de monter les enchères sur le contrôle de la navigation dans le Golfe Persique, jusqu’à l’arraisonnement, dimanche, d’un navire marchand persan par la Navy.
La décision de Téhéran de rouvrir le détroit d’Ormuz à la veille du week-end avait pourtant relâché la pression sur les indices boursiers et les cours du pétrole. Le Cac 40 a repris 1,97% vendredi, tandis que le S&P 500 (+ 1,2%) et le Nasdaq signaient de nouveaux records à Wall Street. Quelques heures après, l’Iran annonçait refermer dès samedi le détroit, invoquant le maintien du blocus par Washington.
Comme les semaines précédentes, le conflit au Moyen-Orient risque donc de dicter encore la tendance sur les places financières mondiales et l’évolution des prix du baril de brut.
Seize publications au seul Cac 40
Or une autre thématique va se présenter aux investisseurs dans les jours à venir, toute prête à faire diversion si une amorce de détente entre les belligérants se manifeste à nouveau : les publications des grandes entreprises au titre du premier trimestre vont très nettement monter en puissance cette semaine, en Europe et aux Etats-Unis.
Pour le seul Cac 40, à Paris, ses composantes ne seront pas moins de seize à présenter leurs chiffres au 31 mars, contre cinq la semaine dernière (avec un tir groupé du secteur de la consommation, avec les acteurs du luxe et Pernod Ricard).
La vague s’amorce mollement demain avec Thales, mais sa publication sera suivie de six autres dès mercredi, émanant de Bureau Veritas, Carrefour, Danone, EssilorLuxottica, Eurofins Scientific et L’Oréal. Comme pour les premiers grands groupes qui se sont déjà jetés à l’eau, les investisseurs seront attentifs (et peut-être sans pitié comme on l’a vu la semaine passée) à l’incidence de l’embrasement du Moyen-Orient sur la croissance et l’activité.
Anticipations de résultats trop optimistes ?
« Depuis des semaines, les marchés financiers ont été quasi exclusivement influencés par l’évolution de la situation géopolitiques et les annonces de Donald Trump, mais l’attention des investisseurs va désormais se porter également vers les résultats des entreprises. Ils seront importants… mais les communiqués accompagnant ces résultats, et les projections des entreprises pour les mois à venir, seront déterminants pour voir comment les entreprises naviguent dans cette période instable, et si les multiples de valorisation sont justifiés, même si ces derniers se sont un peu détendus ces derniers mois », analysait Alexandre Baradez, le responsable Analyses Marchés chez IG France, dans une note du 14 avril.
Cette nouvelle saison de trimestriels devrait permettre, au demeurant, d’ajuster prévisions et valorisations à l’environnement actuel, ajoute l’expert : « Les estimations des analystes restent toujours optimistes pour 2026 avec une croissance des BPA (bénéfices par action) supérieure à 17% en glissement annuel, selon des données compilées début avril par FactSet. Et même pendant le conflit, les révisions sont restées positives ! (+2,5 % sur l’estimation 2026 depuis fin février). Les secteurs de la tech et de l’intelligence artificielle, ainsi que le secteur de l’énergie portent l’essentiel de cette hausse attendue ».
En attendant cette nouvelle vague de chiffres, l’indice Cac 40 s’apprête à ouvrir ce matin en retrait d’environ 1,3%, selon les futures, dans une séance vide de statistiques économiques. Le baril de Brent est remonté autour de 95 dollars, mais s’emballer outre mesure dans l’immédiat, ce qui a pu rassurer les places asiatiques (+ 0,6 % à Tokyo, + 0,75% à Seoul).

Source Investir