Après le repli de la veille, l'ouverture s'annonce globalement neutre à Paris, une tentative de stabilisation alors que le dossier iranien reste ouvert à l'approche de la fin du cessez-le-feu, mercredi soir, heure de Washington, avec l'espoir qu'un canal diplomatique pourrait à nouveau s'entrouvrir d'ici là.
Selon plusieurs sources, dont l'agence Bloomberg, l'Iran pourrait finalement envoyer une délégation à Islamabad pour reprendre les discussions avec les Etats-Unis, même si rien n'est confirmé publiquement à ce stade. Ce simple frémissement suffit à calmer un peu le jeu sur les matières premières. Le Brent recule légèrement sous les 95 dollars, suffisant pour desserrer la pression sur les actifs risqués.
Les futures américains reprennent quelques dixièmes, autour de 0,2 % à 0,3 %, après une séance de consolidation lundi qui avait mis fin à une série de hausses.
« Trump semble désireux de conclure un accord avec l'Iran et de mettre fin rapidement à la guerre », mais cela dépend fortement de l'issue des négociations, a déclaré Carol Kong, stratégiste à la Commonwealth Bank of Australia. « Les marchés sont dans l'expectative », a-t-elle ajouté. « Les discussions entre ces deux parties seront le principal facteur déterminant des prochaines 24 heures. »
Warsh face aux sénateurs
Dans le même temps, l'attention se déplace vers d'autres catalyseurs comme les résultats d'entreprises. La journée sera marquée par l'audition de Kevin Warsh devant la commission des affaires bancaires du Sénat américain, à partir de 16 heures. Le candidat de Donald Trump pour la présidence de la Réserve fédérale arrive dans un contexte particulièrement tendu, entre pressions politiques et retour des tensions sur l'inflation liées à l'énergie.
L'ancien gouverneur de la Fed a construit sa nomination en défendant une approche plus accommodante sur les taux, en phase avec les attentes de la Maison Blanche. Mais il doit rassurer sur sa capacité à préserver l'indépendance de la banque centrale, alors que Donald Trump a multiplié les critiques envers Jerome Powell. « La Fed doit rester dans son couloir. Son indépendance est fortement menacée quand elle se perd dans les questions de politiques budgétaire ou sociale, où elle n'a ni autorité ni expertise », dit-il dans sa déclaration préliminaire.
Son audition intervient alors que le calendrier devient plus incertain pour les taux. Le choc sur les prix de l'énergie complique toute perspective d'assouplissement rapide et le marché n'anticipe plus de baisse avant plusieurs mois. Kevin Warsh devra donc préciser comment il compte gérer cet environnement, entre une inflation redevenue plus volatile et des attentes politiques toujours orientées vers des conditions monétaires plus souples.
Thales dépasse les attentes
Côté entreprises, Thales a enregistré des ventes supérieures aux attentes sur la période janvier-mars, avec une croissance organique de près de 10 %, grâce à une accélération des livraisons de sa division défense. Le chiffre d'affaires de l'équipementier pour l'aérospatiale, la sécurité et la défense a progressé de 9,7 % sur un an à 5,32 milliards d'euros, contre un consensus à 5,19 milliards.
Vivendi a fait état d'un chiffre d'affaires trimestriel en progression de 1,3 % à taux de change et périmètre constants, la holding française citant le succès de Gameloft.
L'équipementier automobile OPmobility a vu son chiffre d'affaires se contracter de 0,4 % au premier trimestre à périmètre et changes constants, pénalisé par les faiblesses persistantes du secteur automobile. Mais les objectifs pour l'ensemble de l'année ont été confirmés.
Atos a abaissé son objectif de chiffre d'affaires pour 2026, alors que ses facturations ont reculé de 11 % en données organiques au cours des trois premiers mois de l'année.
Le titre Kering est dégradé par HSBC à « conserver » et Safran l'est également par les analystes de Jefferies. Grupo Santandar passe de « surperformance » à « neutre » sur ArcelorMittal.
Source Investir