Entre trêve prolongée et blocage diplomatique, la Bourse dans le flou face au dossier iranien

22/04/2026
Thumbnail [16x6]

Le marché n'a plus vraiment de direction claire, seulement des ajustements au fil des annonces dans un contexte où le risque géopolitique, s'il se fait moins frontal, reste présent.

La décision de Donald Trump de prolonger le cessez-le-feu, sans donner de nouveau délai, avec l'Iran évite la mise à exécution de sa menace de bombarder ponts et centrales électriques du pays, mais sans clarifier la suite des événements, ce qui renforce le sentiment d'une errance stratégique de l'administration américaine. Washington suspend ses frappes, tout en maintenant le blocus naval dans le détroit d'Ormuz. Les discussions censées reprendre au Pakistan restent hypothétiques, faute d'engagement de Téhéran, qui juge les négociations comme « une perte de temps » tant que certaines conditions, notamment autour du blocus, ne sont pas levées.

Faire abstraction

Une situation intermédiaire qui ne correspond ni à une désescalade ni à une reprise ouverte du conflit. Le marché compose avec cet entre-deux, cette ambiguïté. Le Brent recule autour de 97,5 dollars le baril, les futures américains progressent, avec un S&P 500 attendu en hausse d'environ 0,5 %, mais en parallèle l'Europe s'oriente vers une ouverture plus prudente. Le Cac 40 est donné stable à quelques minutes du début de séance.

« Le choc initial de la guerre est probablement déjà passé et nous entrons donc dans une période d'incertitude fluctuante, explique Vivian Lin Thurston, chez William Blair. Si l'on considère que les fondamentaux restent solides, je pense que les marchés sauront faire abstraction des incertitudes à court terme et des perturbations liées à la guerre. »

Au-delà de ce ni guerre ni paix, Kevin Warsh, candidat de Donald Trump pour la présidence de la Réserve fédérale, a insisté lors de son audition par les sénateurs américains sur la nécessité de préserver l'indépendance de la banque centrale, son refus de céder aux pressions de la Maison Blanche, esquivant les questions susceptibles d'irriter le chef d'Etat et appelant à revoir le cadre de la politique monétaire face à une inflation persistante.

Avertissement chez Bureau Veritas et FDJ United

Danone a annoncé une hausse de ses ventes trimestrielles légèrement supérieure aux attentes, à 6,71 milliards d'euros (+2,7 % en données comparables), et a confirmé ses objectifs financiers pour l'exercice en cours.

 

Le laboratoire d'analyses Eurofins Scientific a enregistré un chiffre d'affaires en dessous des projections des analystes en raison d'une météo défavorable en Amérique du Nord et en Europe du Nord.

Bureau Veritas a abaissé sa prévision de croissance du chiffre d'affaires pour 2026, le spécialiste de la certification citant le contexte géopolitique « complexe » et l'environnement macroéconomique « incertain ». Il vise une croissance organique « modérée à un chiffre », contre « modérée à élevée à un chiffre » précédemment.

Autre warning, FDJ United a revu à la baisse ses objectifs de croissance et de marge après avoir accusé un repli, de 3,2 %, de ses revenus entre janvier et mars, dans un contexte marqué par un alourdissement de la fiscalité sur les jeux et le durcissement de certaines régulations.

Le spécialiste des étiquettes électroniques Vusion a confirmé ses objectifs annuels après avoir enregistré un bond de 26,2 % de ses facturations sur les trois premiers mois de l'année.

Source Investir