Pas de véritable cap en vue à l'ouverture. Le Cac 40 est donné stable ce mercredi matin, dans un marché qui patiente sagement avant de grands rendez-vous. Le pétrole, lui, ne bouge pas non plus. Le Brent oscille autour de 111 dollars le baril, après avoir brièvement accéléré sur des informations évoquant la préparation d'un blocus prolongé de l'Iran par Washington. Le détroit d'Ormuz reste fermé et l'idée d'un conflit qui s'installe sans résolution s'impose toujours davantage.
« Il est clair que le conflit avec l'Iran est dans l'impasse : il n'y a plus de bombardement, mais le conflit n'est pas non plus résolu et il n'y a ni accord sur le nucléaire ni de circulation de navires dans le détroit, a résumé Rodrigo Catril, stratégiste chez National Australia Bank. Les cours du pétrole devraient se maintenir à ce niveau et la complaisance dont font preuve les actifs risqués, notamment les actions américaines, pourrait être remise en question. »
Côté actions, la séance de mardi a vu un recul des indices et, surtout, un petit décrochage des valeurs technologiques. Les doutes sur la rentabilité des investissements massifs dans l'intelligence artificielle ont refait surface, interrompant une dynamique qui avait porté le S&P 500 à proximité de ses records.
La quatrième révolution industrielle
Le secteur tente de se stabiliser ce matin, avec des futures en légère hausse, mais toute l'attention se porte désormais sur les résultats. Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta publient leurs comptes après la clôture, suivis par Apple le lendemain. A elles seules, ces entreprises représentent environ un quart de la capitalisation du S&P 500 et leur capacité à justifier les dépenses engagées dans l'IA est étudiée.
Selon les données compilées par Bloomberg Intelligence, les bénéfices du secteur technologique pourraient progresser de 41 % au premier trimestre. Cette croissance est principalement tirée par les divisions cloud, a souligné Dan Ives, directeur général et responsable mondial de la recherche technologique chez Wedbush Securities, ajoutant que Wall Street « sous-estime les taux de croissance du cloud » pour Azure de Microsoft, Amazon Web Services et Google Cloud d'Alphabet. « Nous n'avons fait qu'effleurer la surface de cette quatrième révolution industrielle qui se déroule actuellement à travers le monde, menée par les géants de la Big Tech tels que Nvidia, Microsoft, Meta, Alphabet et Amazon », écrit-il dans une note datée du 21 avril.
Rester ou partir
En parallèle, la Réserve fédérale doit rendre sa décision de politique monétaire ce soir à 20 heures, dans ce qui pourrait être la dernière réunion présidée par Jerome Powell. Il pourrait annoncer s'il prend la décision inhabituelle de rester au conseil des gouverneurs de la banque centrale, même après la fin de son mandat de président le 15 mai. Les marchés n'anticipent pas de changement de taux, mais le discours sera scruté dans un contexte où le pétrole élevé ravive les craintes inflationnistes.
TotalEnergies a publié un résultat net trimestriel ajusté en hausse de 29%, marqué par l'augmentation des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient et de solides performances de ses activités de négoce.
Airbus a subi une forte baisse de son résultat opérationnel sur les trois premiers mois de 2026, les livraisons d'avions (114) ayant ralenti à leur plus bas niveau depuis 2009, ce qui met la pression sur le constructeur pour qu'il corrige sa chaîne d'approvisionnement au moment où son rival Boeing reprend l'avantage en matière de fabrication. L'Ebit ajusté, mesure clé de la rentabilité du groupe, a chuté de 52 % à 300 millions d'euros, tandis que le résultat net s'est replié de 26 %, à 586 millions, et le chiffre d'affaires de l'avionneur a reculé 7 % à 12,65 milliards d'euros.
« N'étant pas parvenus à s'entendre sur des conditions mutuellement acceptables », le fabricant de spiritueux Pernod Ricard a annoncé la fin des discussions avec l'américain Brown-Forman, propriétaire du whisky Jack Daniel's, concernant un potentiel rapprochement.
Source Investir