Kevin Warsh, un président qui pourrait redéfinir les règles du jeu monétaire de la Fed

17/06/2026
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Toujours porté par la perspective d’une paix au Moyen-Orient, le Cac 40 a clôturé la séance d’hier en hausse de 0,75% pour s’établir à 8.447,27 points. L’accord devrait être officiellement signé vendredi en Suisse, en présence du vice-président américain JD Vance et du négociateur iranien.

Depuis cette annonce, les prix du brut se sont repliés, les marchés tablant sur une réouverture progressive du détroit d’Ormuz. Le baril de Brent, la référence de la Mer du Nord, est même repassé sous le seuil des 80 dollars, un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis trois mois. « La baisse des prix du pétrole est très positive pour les marchés boursiers », a expliqué Pierre-Alexis Dumont, directeur des investissements de Sycomore AM, à l’AFP. La baisse du pétrole fait en effet retomber les pressions inflationnistes, et par corollaire, les taux d’intérêt se détendent. Ce qui est bon mécaniquement pour les actions.

Heure de vérité pour Kevin Warsh

Kevin Warsh n'a encore rien dit comme président de la Fed et c'est déjà tout le problème pour les marchés. Ce mercredi soir, personne n'attend vraiment de surprise sur les taux américains : le statu quo paraît acquis. Mais les investisseurs vont découvrir un nouveau patron de banque centrale, son premier communiqué, sa première conférence de presse et peut-être une première entorse à une habitude vieille de 14 ans. Selon plusieurs observateurs de Wall Street, d'Aditya Bhave, économiste chez Bank of America, à son confrère David Mericle chez Goldman Sachs, Kevin Warsh pourrait ne pas renseigner son propre point dans le « dot plot », ce tableau où chaque membre de la Fed indique sa trajectoire de taux attendue sous forme de points.

Ce serait un détail en apparence, mais pas pour les marchés. Le « dot plot » est devenu l'un des documents les plus disséqués de chaque réunion trimestrielle, parce qu'il donne une idée de la dispersion des vues au sein du comité de politique monétaire. Kevin Warsh l'a critiqué par le passé, comme une partie de cette communication trop guidée qu'il reproche à la Fed. Ne pas y participer serait une manière assez directe de dire que l'institution va peut-être donner moins d'indices préfabriqués sur la suite. « La suspension du SEP (Summary of Economic Projections) cette semaine susciterait presque à coup sûr de nouvelles [inquiétudes], avertit Claudia Sahm, chef économiste chez New Century Advisors. Une Fed qui semble dissimuler ses propres débats pourrait donner l'impression de faire preuve de complaisance face à l'inflation, alors que c'est précisément cette crédibilité qu'elle ne peut se permettre de perdre. ». 

Source Investir