Le Cac 40 va tenter de suivre Wall Street
A Wall Street, le Nasdaq a gagné 1,05 % lundi et terminé sur un nouveau record, Nvidia, Microsoft, Meta ou encore Tesla ayant emmené le mouvement. Le S&P 500 n'est plus qu'à 0,5 % de son sommet historique et l'indice MSCI regroupant les grandes places mondiales évolue lui aussi à moins de 1,5 % de son record d'août. Le Cac 40 devrait profiter de cet élan à l'ouverture ce mardi, de l'ordre de 0,6%, après avoir nettement fait moins bien que les indices américains ces derniers jours.
Difficile pourtant de parler d'un environnement propice à une prise de risque débordante. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans a touché 5,34 % la veille, son plus haut niveau depuis 2002. A 30 ans, il a atteint 5,7 %, et Earl Davis, responsable obligataire chez BMO Asset Management, juge même désormais « inévitable » un passage au-dessus de 6 % « et même avec de fortes chances que ce soit le cas dès ce mois-ci ». Le rapport ISM n'a rien fait pour calmer cette partie du marché : l'activité dans les services a ralenti en septembre, mais la composante des prix payés a grimpé à 74, son niveau le plus élevé depuis juillet 2022.
« L'enquête souligne la nécessité pour la Réserve fédérale de relever ses taux en octobre et décembre. L'indice des prix poursuit sa nette progression et la hausse des tensions sur les chaînes d'approvisionnement ainsi que l'accumulation des nouvelles commandes laissent présager une intensification des pressions inflationnistes, pense Matthew Martin, économiste senior chez Oxford Economics. Parallèlement, l'indice de l'emploi demeure cohérent avec la stabilité du marché du travail et les composantes de l'activité économique continuent de croître à un rythme soutenu. Grâce à cette croissance sous-jacente robuste, l'économie peut supporter un resserrement monétaire supplémentaire ».
Le cap budgétaire du RN
Malgré des rendements aussi élevés, les actions américaines sont recherchées, même si le mouvement est très concentré sur les grandes valeurs technologiques, soutenues par les investissements dans l'IA.
La situation est moins fluide en Europe, où la faiblesse de la monnaie unique accompagne toujours les inquiétudes sur les finances publiques. L'euro reste proche de son plus bas depuis mai 2025 contre le dollar, après les fortes tensions observées la semaine dernière sur la dette française. Marine Le Pen et le Rassemblement national doivent par ailleurs présenter dans la matinée le projet de « contre-budget et de trajectoire budgétaire » de son programme présidentiel, alors que la soutenabilité des finances françaises est désormais un dossier sensible sur les marchés.
La séance offrira quelques statistiques, sans équivalent avec les grands rendez-vous de la semaine dernière. Les ventes au détail de la zone euro sont attendues en hausse de 0,4 % en août après une baisse de 0,6 % en juillet. Aux Etats-Unis, le déficit commercial devrait se creuser à 102 milliards de dollars, contre 88,6 milliards précédemment. Oddo BHF relève que la hausse des importations américaines traduit notamment « la vigueur de la demande de produits pour l'écosystème IA ».
Source Investir
