Les rendements remontent, le cours du pétrole aussi
Wall Street continue de vivre dans un monde un peu à part. Le S&P 500 et le Nasdaq 100 ont encore battu des records mardi, soutenus par les grandes valeurs technologiques, alors même que les taux restent perchés à des niveaux qui auraient normalement de quoi refroidir les actions. Le Cac 40 devrait retrouver un terrain plus lourd à l'ouverture. Les contrats à terme laissent présager une baisse de 0,9%.
Le Brent repasse au-dessus de 101 dollars après une accélération des attaques iraniennes contre des navires dans le détroit d'Ormuz : neuf ont déjà été signalées depuis le début du mois, soit la moitié du total recensé sur l'ensemble de septembre dans le détroit et le golfe Persique, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO. Les flux d'hydrocarbures du Koweït, d'Irak et d'Arabie saoudite se sont pourtant rapprochés des niveaux exportés avant le début de la guerre, mais la menace reste suffisamment concrète pour maintenir une prime de risque sur les cours. « La capacité soutenue des Houthis au Yémen à cibler les installations pétrolières à des centaines de kilomètres de la frontière maintient les risques d'une perturbation renouvelée de l'approvisionnement en brut à grande échelle présents et élevés, et ces risques pourraient s'aggraver s'ils ressentent le besoin d'appliquer plus de pression en raison de la perte de plus de territoire », a déclaré Samer Hasn, analyste senior chez XS.com.
Nouvelle adjudication
Et quand le pétrole remonte, les taux suivent vite. Les rendements des bons du Trésor américains à dix ans reviennent autour de 5,31 %, après avoir touché cette semaine des niveaux inconnus depuis 2002. Les investisseurs auront un test dans la journée avec l'adjudication de 39 milliards de dollars de dette américaine à dix ans. Celle de titres à trois ans, mardi, s'est faite au rendement le plus élevé depuis mai 2006, avec une demande étrangère moins forte que sa récente moyenne. « Nous verrons si la hausse des rendements suffit à convaincre les investisseurs de s'engager sur le long terme, malgré l'incertitude liée à l'inflation, l'augmentation de la dette publique et le risque d'une nouvelle hausse des rendements », a commenté Ipek Ozkardeskaya, analyste senior chez Swissquote.
En France, les rendements de l'OAT à dix ans remontent aussi, à 4,79%. La commission des Finances de l'Assemblée commence l'examen de la partie recettes du budget 2027, avec environ 1.700 amendements sur la table et un gouvernement qui vise toujours un déficit ramené à 5 % du PIB. Ce n'est qu'une première bataille, les députés repartiront de la copie initiale dans l'hémicycle le 13 octobre, mais les points de friction sont déjà nombreux : fiscalité des retraités, surtaxe sur les grandes entreprises, nouvelles taxes, niches fiscales et, derrière tout cela, l'absence de majorité capable de garantir l'adoption du texte.
Les investisseurs attendent le compte rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale en septembre, au cours de laquelle la banque centrale a relevé ses taux d'intérêt pour la première fois depuis 2023. Depuis, les chiffres de l'emploi et du PCE ont été plus faibles que prévu et les marchés ont ramené à environ 19 % la probabilité d'une nouvelle hausse dès octobre. Le compte rendu pourrait donc sonner plus dur que l'état actuel du débat monétaire, précisément parce qu'il décrit une Fed qui ne disposait pas encore de ces nouvelles données.
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