Elle était attendue en fin de semaine dernière, elle est bel et bien arrivée. L'Iran a envoyé dimanche via le Pakistan sa réponse à la proposition américaine visant à mettre un terme au conflit aujourd'hui dans son troisième mois au Moyen-Orient. Elle est « axée sur la fin de la guerre (...) sur tous les fronts, en particulier au Liban, et sur la garantie de la sécurité de la navigation maritime », a rapporté la télévision d'Etat de la république islamique, sans plus de détails.
Il n'y aura pas d'accord pour autant. Donald Trump a refusé cette contre-proposition, la qualifiant de « TOTALEMENT INACCEPTABLE » et le conflit se poursuit donc au Moyen-Orient, où des attaques, sporadiques, ont d'ailleurs encore été observées au cours de ces derniers jours. Selon des médias iraniens et le Wall Street Journal, Téhéran cherchait à « mettre fin à la guerre sur tous les fronts », ainsi qu'à obtenir un allègement des sanctions et un contrôle iranien sur le détroit d'Ormuz, relayait dimanche la chaine d'informations CNBC. Mais si l'on entre un peu plus dans le détail, le régime des mollahs exigerait des réparations de guerre de la part des Etats-Unis, mais aussi la levée des sanctions américaines, la restitution des avoirs iraniens saisis et la reconnaissance de sa pleine souveraineté sur le détroit d'Ormuz. Au Qatar, un vraquier en provenance d'Abu Dhabi a été visé par un drone dans les eaux territoriales, l'agence de presse iranienne Fars affirmant que le navire « battait pavillon américain et appartenait aux Etats-Unis », relaye Bloomberg. Le Koweït et les Emirats arabes unis ont également été visés par des drones, interceptés avant d'atteindre leur cible.
Rencontre Trump-Xi en fin de semaine
L'Iran continue de verrouiller le détroit d'Ormuz depuis les premières frappes israélo-américaines et, de leur côté, les Etats-Unis ont mis en place un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril. Pour la Maison-Blanche, l'enjeu était pourtant de tenter d'obtenir des avancées alors que Donald Trump doit rencontrer le président Xi Jinping ces 14 et 15 mai. La Chine absorbait 80% des exportations de pétrole iranien avant le conflit, la guerre occupera donc vraisemblablement une place centrale dans les discussions entre les deux dirigeants. Les contrats futures Cac 40 s'inscrivent en légère baisse d'une vingtaine de points. Le baril de Brent remonte à plus de 105 dollars, contre un niveau proche de 100 dollars en clôture fin de semaine dernière.
L'inflation américaine mardi
Sur le plan statistique, il faudra se contenter des ventes de logements anciens aux Etats-Unis au mois d'avril. A suivre, surtout, une série de chiffres sur l'inflation, sujette à l'envolée des prix du brut depuis le début du conflit. Ce sera mardi en l'Allemagne et aux Etats-Unis au titre d'avril, puis mercredi en France. « Les attentes pour l'IPC américain restent plutôt équilibrées, indique ce lundi matin Ipek Ozkardeskaya. Selon les estimations, l'inflation globale pourrait même avoir ralenti mensuellement en avril. Sur une base annuelle, cependant, nous pourrions observer une hausse de 3,3 à 3,7%. Cela s'explique par le fait que la hausse liée à la guerre iranienne avait déjà commencé à s'infiltrer dans les chiffres d'inflation du mois dernier, rendant le chiffre mensuel moins critique que le chiffre annuel. Mais une inflation dans la fourchette de 3 à 4% reste bien au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed - rappelons-le - et continuera de maintenir les faucons de la Fed en alerte ». Les ventes au détail du même mois seront par ailleurs dévoilées vendredi aux Etats-Unis. Une publication trimestrielle au sein du Cac 40, celle d'Eiffage, entré dans l'indice en décembre dernier.
Source Investir