Alors que les négociations entre les Etats-Unis et l’Iran semblent dans une impasse, l’inflation est venue se rappeler aux bons souvenirs des marchés, la hausse des prix observée aux Etats-Unis pour le mois d’avril (3,8%) représentant un sommet de trois ans. Conséquence, le Cac 40 a cédé hier 0,95% pour repasser sous les 8.000 points, à 7.979,92 points, enchainant une quatrième séance de baisse d’affilée. Les marchés qui ne cessent d’osciller au gré des informations distillées par les deux camps belligérants vont devoir aussi tenir compte des impacts du conflit. « Il est évident que nous avons enregistré de nombreuses fluctuations ces dernières semaines : on a d’abord cru qu’il n’y avait plus d’espoir, puis on a retrouvé beaucoup d’espoir, avant de retomber dans le pessimisme. Il est donc très difficile de prévoir l’issue finale », a constaté à Reuters Sandra Horsfield, économiste chez Investec.
La hausse des cours du brut provoquée par le blocage du détroit d’Ormuz fait donc ressentir ses effets sur l’économie. Elle va aussi influencer la politique des banques centrales. La résurgence des pressions inflationnistes « renforce le scénario selon lequel la future politique monétaire de la Fed penchera davantage vers une hausse de taux que vers une baisse », a argumenté auprès de la même agence Christophe Boucher, directeur des investissements de ABN AMRO, tout en nuançant son propos « toutefois, une hausse de taux nous paraît encore peu probable ».
Vallourec solide mais … prudent
Quel effet l’envolée des cours du pétrole a-t-il de ce côté-ci de l’Atlantique ? On en saura plus en début de matinée avec les chiffres de l’inflation pour le mois d’avril en France (qui seront accompagnés de l’estimation de l’indice du coût du travail ICT au premier trimestre). Les investisseurs prendront également connaissance aujourd’hui de l’autre côté du Rhin de la balance courante de mars, et en zone euro, des premières estimations de la croissance du PIB et de l’emploi au premier trimestre, ainsi que de la production industrielle de mars. Aux Etats-Unis, seuls les prix à la production du mois d’avril seront publiés.
Côté valeurs, avant-dernier membre du Cac 40 à délivrer des données d’activité pour le premier trimestre, Eiffage a annoncé hier soir un chiffre d’affaires consolidé de 5,65 milliards d’euros en hausse de 0,6% à données publiées et en recul de 0,8% à changes et périmètre constants. Fort d’un carnet de commandes bien rempli, et de sa présence en Europe essentiellement, le groupe de construction et de concessions a confirmé ses prévisions annuelles. Il a également fait l’acquisition en Allemagne d’un spécialiste allemand des centres de données Hand & Werk. Parmi les valeurs moyennes, Coface a enregistré un bénéfice net de 53,6 millions, en repli de 13,7%, pour un chiffre d’affaires de 465 millions, stable. Le leader de l’assurance-crédit a aussi dégagé une rentabilité solide avec un RoATE de 11%.
Ce matin, c’était au tour de Vallourec et d’Alstom. Le fabricant de tubes sans soudures a enregistré un résultat brut d’exploitation (RBE) de 220 millions de dollars –sur les trois premiers mois de l’année - il publie désormais ses comptes dans la devise américaine – stable, pour un chiffre d’affaires de 975 millions, en recul de 6,5%. Il table pour le deuxième trimestre sur un RBE compris entre 175 et 205 millions de dollars du fait de la guerre au Moyen-Orient. De son côté, Alstom a publié ses résultats pour l’exercice 2025/2026 sachant que des données préliminaires avaient été diffusées mi-avril (avec pour effet une chute du titre). Le constructeur du TGV a enregistré un résultat d’exploitation ajusté stable à 1,17 milliard pour un montant des ventes de 19,2 milliards, en hausse organique de 7,2%. Le résultat net est ressorti à 324 millions contre 149 millions un an auparavant. Pour l’exercice en cours, il table sur une croissance organique du chiffre d’affaires à environ 5% et sur une marge d’exploitation ajustée autour de 6,5%.
Source Investir