Les marchés retrouvent ce mercredi le même fil conducteur que depuis plusieurs semaines, avec un pétrole toujours trop haut, des taux longs qui mordent et un conflit enlisé entre les Etats-Unis et l'Iran. Une routine lassante, à ceci près que Nvidia publie ses comptes ce soir et a la capacité de pimenter les prochaines séances.
Le Cac 40 en baisse de 0,3 % à l'ouverture tandis que les futures américains sont stables. L'indice MSCI All Country World recule de 0,2 % et se dirige vers une quatrième journée de baisse, sa plus longue série négative depuis plus de deux mois. Le repli est plus marqué sur le continent asiatique, avec un indice régional en baisse de 1,1 % et un Kospi sud-coréen, très suivi pour tout ce qui touche à l'IA, en repli de 2 %. Le géant des puces mémoires Samsung Electronics recule d'autant après la décision de son syndicat de partir en grève à partir de jeudi après l'échec de négociations sur le partage des bénéfices tirés de l'IA.
« Danger zone »
Le pétrole reste l'un des cailloux dans la chaussure du marché. Le Brent évolue au-dessus de 110 dollars le baril, sans signe clair d'apaisement dans le conflit au Moyen-Orient. Donald Trump a menacé de reprendre les frappes contre l'Iran dans les prochains jours pour pousser à un accord de paix. L'Otan discute aussi de la possibilité d'aider les navires à traverser le détroit d'Ormuz si cette voie maritime essentielle n'est pas rouverte d'ici début juillet, selon des informations de l'agence Bloomberg.
Le problème, pour les actions, n'est pas seulement le baril, mais également les marchés de taux. Les rendements des dettes publiques ont grimpé un peu partout, nourris par la crainte d'une énergie durablement chère qui pousserait l'inflation encore plus haut et les banques centrales vers un durcissement de politique monétaire. Le rendement américain à 30 ans est monté jusqu'à 5,2 % mercredi, un niveau qui n'avait plus été vu depuis la crise financière mondiale. Le 10 ans américain évolue autour de 4,67 %, lui aussi dans une zone devenue inconfortable pour les actifs risqués.
HSBC parle même d'une zone dangereuse pour les Treasuries américains. Dans une note publiée mardi soir, ses stratégistes écrivent que les obligations américaines sont désormais « clairement dans la zone de danger, ce niveau du taux à 10 ans qui tend à exercer une pression sur presque toutes les classes d'actifs ».
Des résultats cruciaux pour Nvidia
Peut-être Nvidia parviendra-t-il à détourner l'attention ? Le concepteur de puces publie ce soir ses comptes du premier trimestre au moment où les investisseurs se demandent si le rally lié à l'IA n'a pas couru un peu plus vite que les bénéfices eux-mêmes. Les ventes du groupe californien devraient avoir bondi de 80 % sur la période au 26 avril, leur rythme le plus rapide depuis plus d'un an, mais le marché cherchera surtout des indications sur la montée en cadence de la production, la demande réelle et la concurrence.
Ben Snider, stratégiste actions américaines chez Goldman Sachs, rappelle que Nvidia a contribué à environ 20 % de la performance du S&P 500 cette année et presque autant à la croissance attendue des bénéfices de l'indice en 2026. « Les chiffres qu'ils publieront sont donc importants. Plus généralement, bien sûr, les investisseurs de Wall Street, et, en réalité, dans toutes les classes d'actifs, se tournent vers Nvidia pour savoir dans quelle direction va le développement des infrastructures d'IA, et nous suivrons cela de près », a-t-il dit. Paul Stanley, chez Granite Bay Wealth Management, estime lui aussi que la publication prend une importance particulière dans un marché de nouveau travaillé par les taux. « Les investisseurs ont besoin d'être rassurés sur le fait que le potentiel de l'IA est toujours bien présent et que l'entreprise affiche une croissance de son chiffre d'affaires suffisante pour justifier sa valorisation élevée », dit-il. Il juge que Nvidia peut encore publier des résultats capables de justifier sa valorisation, ce que le marché attend précisément.
L'opérateur boursier Euronext a fait état de résultats trimestriels supérieurs aux attentes et marqués par une nouvelle progression supérieure à 10 % de ses revenus et de son excédent brut d'exploitation ajusté.
Vallourec a remporté deux nouvelles commandes de pipelines de la part du pétrolier Exxon Mobil Guyana Limited sans en communiquer les éléments financiers.
Source Investir