La séance de lundi, qui s'est terminée par une hausse de 1,8 % pour le Cac 40, avait couru plus vite que la musique. L'indice est attendu stable à l'ouverture, voire en repli de 0,2%, tandis que Wall Street, fermé la veille, devrait rouvrir dans le vert, avec des contrats à terme sur le S&P 500 en hausse de 0,6 %.
Le Brent reprend 2,2 %, à 98,2 dollars le baril, après sa chute de la veille, quand l'espoir d'un accord entre Washington et Téhéran avait fait retomber brutalement la prime de risque sur l'énergie. Les marchés avaient alors choisi de croire que le détroit d'Ormuz pouvait rouvrir, au moins partiellement, et que les flux pétroliers allaient finir par retrouver un passage plus normal. Aujourd'hui, ce scénario prend un peu l'eau. Plusieurs fortes explosions ont été entendues hier soir dans le sud de l'Iran, des frappes revendiquées par l'armée américaine qui dit avoir agi par légitime défense, visant des sites de lancement de missiles et des embarcations qui tentaient de poser des mines, afin de protéger ses troupes contre les menaces des forces iraniennes.
Selon Marco Rubio, un accord avec l'Iran était toujours possible malgré les dernières frappes américaines. Le secrétaire d'Etat américain a ramené le calendrier à quelques jours, en expliquant que les discussions portaient encore sur la formulation précise du texte initial. Les points de blocage n'ont pas disparu avec ces déclarations. Le programme nucléaire iranien reste le morceau le plus dur et l'agence Tasnim a prévenu que le projet d'accord pouvait encore échouer en raison d'objections de Washington à plusieurs clauses, dont la demande de Téhéran sur le dégel de ses avoirs.
Schnabel appelle à une hausse des taux en juin
Les investisseurs connaissent déjà cette mécanique, et c'est bien ce qui rend la hausse de Wall Street attendue plus prudente que le mouvement aperçu la veille dans les contrats américains. « On dirait une boucle sans fin, a déclaré Michael Every, stratégiste en économie et marchés chez Rabobank. A chaque fois, on se dit : 'Cette fois, c'est la bonne. Cette fois, l'énergie va circuler.' Et à un moment donné, ça pourrait être vrai. Mais jusqu'à présent, à maintes reprises, ça ne l'a pas été. »
Même si un accord de paix en Iran venait à se concrétiser, les opérateurs en zone euro devraient toujours anticiper un resserrement inéluctable de la politique monétaire. Deux facteurs essentiels pourraient inciter la Banque centrale européenne à relever ses taux le mois prochain. Le Brent s'est établi en moyenne à environ 102 dollars le baril depuis le début de la guerre en Iran, ce qui suffit à bouleverser les estimations d'inflation. Il faudra peut-être également plusieurs mois après la conclusion d'un deal pour que l'approvisionnement énergétique revienne à la normale. Isabel Schnabel, membre du directoire de l'institution de Francfort, estime dans une interview à Reuters qu'au vu de l'ampleur et de la persistance du choc actuel, une hausse des taux en juin sera nécessaire.
Du côté des valeurs, Citi abaisse sa recommandation sur Elior d'acheter à « neutre » et Morgan Stanley relève Air France-KLM à « surpondérer ».
Ferrari est attendu dans le rouge en Bourse suivant la présentation de sa première voiture entièrement électrique, baptisée « Luce » et vendue 550.000 euros, une rupture nette avec l'héritage du constructeur italien de voitures de sport.
Source Investir