Au programme aujourd'hui, l'emploi américain et le e PIB en zone euro sur fond de marchés secoués par la géopolitique et l'IA

05/06/2026
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Le Congrès américain s’enlise. Le fait que la Chambre des représentants a approuvé mercredi une mesure destinée à empêcher le président américain, Donald Trump, de poursuivre les hostilités contre l'Iran tant qu'il n'aura pas l'aval des parlementaires, a alimenté hier l'optimisme des marchés quant à la possibilité d’une issue au conflit. Reste que la mesure semble symbolique, alors que le texte pourrait être bloqué au Sénat. Les investisseurs ont également été rassurés par l'annonce d'une trêve entre Israël et le Liban chapeautée par Washington… quand bien même l'armée israélienne a poursuivi sa campagne militaire et que le Hezbollah libanais, aligné sur l'Iran, a rejeté cet accord.
Au-delà de la géopolitique, l’intelligence artificielle (IA) est revenue sur le devant de la scène. Les inquiétudes quant à l’existence d’une bulle sont reparties de plus belle, alors que le concepteur et fabricant de semi-conducteurs Broadcom a plongé de près de 13% hier à Wall Street, après avoir décidé de ne pas relever ses objectifs annuels malgré des résultats supérieurs aux attentes au titre de son deuxième trimestre, clôturé début mai. « Ce "raté" a donné une excuse aux investisseurs qui réalisaient d'importants profits pour les encaisser. C'est sain et cela ne fait pas dérailler l'histoire à plus long terme », a assuré à Bloomberg Vey-Sern Ling, directeur général de l'Union Bancaire Privée, ajoutant qu’une « consolidation était attendue, compte tenu de la force du récent rally de l’IA ».


Les marchés sont désormais confrontés à un test crucial avec la publication, cet après-midi, du rapport sur l'emploi de mai aux États-Unis, qui pourrait remodeler les attentes concernant la politique à venir de la Réserve fédérale et déterminer si le rally alimenté par l'IA va se poursuivre ou perdre de l’élan. Le consensus Bloomberg attend 85.000 créations de postes non agricoles en mai, avec un taux de chômage stable à 4,3% de la population active. Ces prévisions porteraient la moyenne des embauches sur trois mois à son plus haut niveau depuis plus d'un an et pourraient nourrir l'idée que les bons rapports de mars et avril ne relevaient pas seulement d'un rattrapage, après la faiblesse de février. Bloomberg souligne que les données privées pointent vers une reprise dans les loisirs et l'hôtellerie-restauration, avec une solidité persistante dans l'éducation et la santé.
A noter qu’en zone euro, l'unique rendez-vous sera la deuxième estimation du produit intérieur brut au premier trimestre, attendue à 11 heures et qui devrait confirmer un net ralentissement de la croissance, quasiment inexistante à 0,1% par rapport au trimestre précédent, après +1,3% sur les derniers mois de 2025. Il faut dire que le contexte est particulier, alors que la guerre en Iran commence à peser sur les pays européens. Si les données ne couvrent que le premier mois du conflit, l'effet sur les économies se fait déjà sentir, à travers la hausse des prix du pétrole et du gaz.

Source Investir