Le Cac 40 résolu à garder le cap avant l'inflation américaine, le pétrole reste sous contrôle malgré des frappes de représailles des Etats-Unis contre l'Iran

10/06/2026
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Wall Street a clôturé de façon heurtée, la tech a replongé dans ses travers, le pétrole remonte un peu après les frappes américaines contre l'Iran et l'inflation américaine tombera en début d'après-midi. Rien de très engageant sur le papier, mais le Cac 40 à la Bourse de Paris devrait tout de même gagner garder le cap.

Attention, le rendez-vous de 14h30 peut changer l'humeur de tout le monde en un claquement de doigt. Les économistes interrogés par Bloomberg attendent une inflation à 4,2 % sur un an en mai, après 3,8 % en avril, avec un indice sous-jacent à 2,9 %. Ce serait le premier passage de l'indice des prix à la consommation au-dessus de 4 % depuis mai 2023, et son plus haut niveau depuis avril de la même année. Le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh - qui est enclin à abaisser les taux et à réduire la taille du bilan de la banque centrale - ne pourra pas appuyer pour une détente monétaire à ces niveaux, d'autant que le dernier rapport sur l'emploi s'est montré plus solide que prévu.

« Une forte inflation renforcerait les anticipations de taux d'intérêt américains élevés pendant une période prolongée, soutenant ainsi la vigueur du dollar, d'autant plus que le conflit irano-américain ne montre aucun signe de résolution rapide », dit Lloyd Chan de Mitsubishi UFJ Financial Group.

Un accord hors de portée

Les Etats-Unis ont mené des frappes dites de « self-defense » contre l'Iran, en réponse à la destruction d'un hélicoptère, dont les deux pilotes sont sortis indemnes, au large d'Oman. Le Commandement central américain parle d'une réponse proportionnée à une agression iranienne « injustifiée ». Après quoi, Téhéran a dit avoir visé des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie. La reprise des hostilités met en péril la stabilité d'un cessez-le-feu fragile dans la région et les négociations en vue d'un accord plus durable entre les belligérants. Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que les pourparlers de paix étaient en bonne voie, parlant d'un accord imminent au moins 38 fois, selon un décompte de CNN, mais il est clair que ce n'est plus une affirmation que l'on devrait prendre au sérieux.

Le prix du Brent a grimpé jusqu'à 2 % pour dépasser les 93 dollars le baril avant de se replier légèrement après l'annonce par les Etats-Unis de la fin de leur brève campagne de représailles. « Ces frappes soulignent une fois de plus à quel point tout accord avec l'Iran reste hors de portée, a déclaré Saul Kavonic, analyste énergétique senior chez MST Marquee. Toutefois, le marché est quelque peu rassuré par le caractère proportionné des frappes, plutôt que par une offensive générale, ce qui laisse penser que la préférence pour un accord plutôt qu'une guerre persiste. »

La tech, elle, n'est toujours pas en forme. Les contrats à terme sur le Nasdaq 100 reculent de 0,6 %, après une séance nerveuse mardi à Wall Street. Le S&P 500 a cédé 0,3 %, le Nasdaq Composite près de 1 %, après un plus bas de séance à -4%, entraîné par une nouvelle rechute des puces. S'il est difficile de cerner précisément la cause de cette volatilité, celle-ci touche les actions à forte valorisation à l'approche d'émissions massives de nouvelles actions, notamment l'introduction en Bourse de SpaceX programmée le vendredi 12 juin au Nasdaq.

Source Investir