Hausse des taux attendue à Francfort, pas de rebond en vue à Paris

11/06/2026
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Au lendemain d’une baisse de 0,51%, le Cac 40 devrait ouvrir la séance de jeudi sur une variation similaire si l’on se fie aux contrats à terme sur l’indice phare du marché parisien. Sauf surprise, l’actualité du jour sera la réunion du comité de politique monétaire de la Banque centrale européenne, qui devrait acter la première hausse de taux de l’institution depuis 2023, dans un contexte de résurgence de l’inflation due, notamment, à la flambée des prix de l’énergie.

L’annonce, à 14h15, d’un relèvement des taux d’un quart de point semble désormais certaine, la probabilité étant de 100% selon l’outil ECB Watch. Les investisseurs se concentreront donc sur la conférence de presse de la présidente de l’institution, Christine Lagarde, qui aura lieu, comme toujours, une demi-heure après, à 14h45. Au vu d'une contraction du PIB au premier trimestre en zone euro (-0,2% selon l’estimation du 5 juin) et d'une inflation plus basse que dans d'autres grandes économies, Oddo BHF juge qu'« un peu plus de flexibilité et de patience n'aurait pas fait de mal », surtout quand la Fed ou la Banque d'Angleterre devraient encore temporiser lors de leur prochaine réunion. « La raison pour justifier la hausse des taux n'est donc pas à chercher dans les données économiques, mais plutôt dans la peur qu'a le Conseil des Gouverneurs d'être accusé a posteriori d'avoir réagi trop tardivement » juge la banque..

Nouvelles frappes au Moyen-Orient

Dans l'actualité géopolitique, l’armée américaine a annoncé, mercredi, dans un communiqué sur X, avoir procédé à une nouvelle série de frappes contre l’Iran. Les forces américaines « ont mené de nouvelles frappes défensives contre plusieurs cibles en Iran, sur ordre du commandant en chef », a écrit le CentCom, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient. « Les forces du CentCom ont lancé des frappes contre des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne iraniens à travers tout le pays », poursuit le communiqué. Ces frappes constituaient une réponse vis-à-vis de celles, iraniennes, qui avaient abattu un hélicoptère américain la veille.

En représailles à ces nouvelles frappes, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé, jeudi, avoir tiré des missiles balistiques sur un centre de commandement américain en Jordanie. Cette « opération punitive contre l’agresseur » a pris pour cible la base aérienne d’Azraq et « son centre de contrôle, à l’aide de douze missiles balistiques », ont-ils déclaré, assurant avoir détruit ces installations « et un grand nombre d’avions de combat ».

Dans une interview accordée à Fox News, Donald Trump a indiqué s’être entretenu avec de hauts responsables iraniens qui lui auraient demandé d'arrêter les bombardements. Il a affirmé que ceux-ci cesseront sous peu mais ajouté que les États-Unis frapperaient de nouveau l'Iran si ses dirigeants ne signaient pas d'accord.

J-1 avant la cotation de SpaceX

Sur le front microéconomique, le titre Oracle flanche de 10% après la clôture de Wall Street en réaction à la publication de résultats annuels ayant révélé des dépenses d’investissement plus importantes que prévu, à 55,7 milliards de dollars sur l’exercice écoulé, soit près de 6 milliards de plus que ce que prévoyait la société. Oracle envisage par ailleurs d’investir environ 70 milliards sur l’exercice qui se termine en mai 2027, avec un montant déclaré supérieur d’environ 20 à 25 milliards en raison du paiement anticipé de certains composants, a précisé la directrice financière Hilary Maxson.

Tous les regards sont néanmoins tournés vers SpaceX, qui s’apprête à signer la plus grosse introduction en Bourse de l’histoire (et de loin) à Wall Street ce vendredi. L’opération, visant à lever quelque 75 milliards de dollars, aurait été plus de quatre fois surscouscrite selon des personnes proches du dossier, incitant la société fondée par Elon Musk à suspendre la prise en compte des commandes dès mercredi, contre jeudi midi (heure de Paris), prévu initialement. « Les investisseurs ne peuvent s'empêcher de garder un œil sur cette introduction, et il y a de la nervosité quant à la réaction des marchés », note Josh Gilbert, analyste chez eToro. « La façon dont les marchés absorberont la plus grande cotation de l'histoire à une valorisation élevée nous en dira long sur la question de savoir si l'appétit pour l'IA est toujours au plus haut », juge-t-il encore. Réponse demain.

Source Investir