L’épilogue de la guerre au Moyen-Orient serait-il proche ? Après avoir annulé de nouvelles frappes, le président américain, Donald Trump, a affirmé hier soir que le Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a validé un projet d’accord en vue d’une cessation des hostilités. Et d’ajouter qu’une signature en présence de son vice-président, JD Vance, est même envisagée ce week-end en Europe. Mais voilà que, ce matin, l’Iran précise ne pas avoir pris de décision vis-à-vis du texte. Selon un décompte de CNN, ce serait la 38e fois que le locataire de la Maison-Blanche signale l’imminence d’un accord… ce qui incite à relativiser ses propos, qui tiennent davantage de l’effet d’annonce.
Une désescalade est pourtant très attendue par les marchés, car elle réduirait les perturbations de l'approvisionnement énergétique, qui pèsent sur les prix du pétrole, renforçant de fait la probabilité de taux d'intérêt plus élevés et plus longtemps. « Bien que le chemin vers une résolution soit probablement semé d'embûches, notre scénario de base est que la diplomatie l'emporte, permettant aux investisseurs de se recentrer sur des fondamentaux économiques résilients et une croissance robuste des bénéfices des entreprises », a souligné auprès de Bloomberg Ulrike Hoffmann-Burchardi, directeur des investissements des actions mondiales chez UBS Global Wealth Management.
SpaceX paré au décollage
L’esprit des opérateurs sera, quoi qu’il advienne sur le plan géopolitique, bien occupé ce vendredi, alors que la première cotation de SpaceX aura vraisemblablement lieu après la clôture à Paris. Il s’agit d’un événement phare pour les marchés, alors que la société a levé 75 milliards de dollars… signant la plus grande IPO de l’histoire. Le groupe d’Elon Musk a été évalué à 1.770 milliards de dollars au prix d'offre de 135 dollars par action, mais le négoce de produits dérivés liés à l'action sur la plateforme de trading IG induit, ce matin, une valeur marchande de 2.400 milliards de dollars. Ce qui laisse donc se dessiner, à l’issue du premier jour de cotation, une flambée de plus de 35%, qui propulserait directement la société aérospatiale au sixième rang des plus grosses capitalisations boursières mondiales.
Ses débuts sur le Nasdaq devraient éliminer un « excédent de liquidités » qui a pesé sur les marchés et contribué au repli de cette semaine des valeurs technologiques, a déclaré Billy Leung, stratège en investissement chez Global X Management. Et d’expliquer que le sentiment de risque a historiquement tendance à s'améliorer à court terme après une IPO majeure. Ritesh Ganeriwal, responsable des investissements de Syfe, juge que « SpaceX n’est qu’un amuse-bouche : alors que [les spécialistes de l’intelligence artificielle agentique] Anthropic et OpenAI se dirigent vers les marchés publics, nous entrons dans une fenêtre rare, où certaines des entreprises privées les plus importantes de la décennie deviennent investissables pour le grand public ».
Vers un rebond du moral des ménages américains
Cette actualité boursière majeure relaie au second plan les rendez-vous statistiques qui figurent au programme de la séance. Le principal est américain, avec la publication de l'indice de confiance des ménages selon les calculs de l'Université du Michigan et en estimation préliminaire de juin. Celle-ci pourrait, selon le consensus Bloomberg, avoir rebondi de 44,8 à 46 points. Sans doute plus important encore, la composante d'anticipation de l'inflation à un an, est vue en hausse de 0,1 point, soit 4,9% sur un an. « Une enquête qui interroge les ménages sur leurs finances ne peut actuellement que recueillir des résultats désastreux, souligne le cabinet Oddo BHF. Avec le reflux des prix de l'essence, [l'indice de confiance] devrait toutefois se redresser depuis son point bas historique de mai. »
Source Investir