Les places boursières attaquent ce lundi la dernière semaine -complète- d’un semestre que l’on a pu considérer comme celui de tous les dangers depuis le 28 février et l’offensive israélo-américaine sur l’Iran. Le protocole d’accord paraphé la semaine passée par les Etats-Unis et l’Iran peut laisser augurer d’un règlement en bonne et due forme du conflit au Moyen-Orient dans quelques mois, et surtout d’un retour progressif de la navigation dans le détroit d’Ormuz, de quoi restaurer un environnement plus favorable pour la croissance mondiale.
Au demeurant, le cours du baril de Brent a reflué autour de 80 dollars et le Cac 40 a bouclé vendredi une cinquième semaine de hausse consécutive, malgré un repli de 0,55% à la veille du week-end. Elle a permis à l’indice parisien de remonter à moins de 3% de son record historique du 26 février et d’afficher un gain de 3,3% depuis le début de l’année.
Espoirs de paix et incertitudes
Mais la situation au Moyen-Orient ne s’est pas clarifiée autant qu’espéré lorsque Donald Trump a signé, sous les ors de Versailles, le « memorendum » conclu avec Téhéran. Les pourparlers qui devaient s’engager en Suisse dès vendredi 19 juin, en vue de formaliser un accord de paix sous l’égide du Pakistan et du Qatar, ont été reportées tandis qu’Israël frappait à nouveau le sud du Liban.
Elles ont finalement débuté dimanche, abordant les sujets des avoirs iraniens gelés et un possible allégement des sanctions sur les exportations de pétrole de Téhéran. Mais, outre le blocage persistant du détroit d’Ormuz, de l’huile a été remise sur le feu par les deux parties : Donald Trump a d’abord menacé de « frapper fort » l’Iran si le pays n’empêchait pas ses alliés du Hezbollah au Liban de « causer des problèmes ». Puis, un peu après 20 heures hier soir, on apprenait que la délégation iranienne avait quitté le lieu des discussions, assurant toutefois, peu après, qu’elle « [restait] engagée » dans ces pourparlers.
En effet, les « modérateurs » pakistanais et qatari ont fait savoir dans la nuit que les deux belligérants s’étaient mis « d’accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours », ainsi que la création d’une « cellule de gestion des conflits pour mettre fin aux affrontements au Liban ».
Deux opérations en Australie pour Danone
L’indice parisien est attendu ce lundi en reprise très modérée, d’à peine 20% selon les tendances de préouverture. Les places asiatiques ont abordé la semaine en vert, sans toutefois s’emballer non plus, alors que les cours du brut baissent seulement légèrement, revenant vers 79 dollars. Wall Street doit rouvrir ses portes après un week-end de trois jours.
Outre la situation dans le Golfe Persique, où les rebondissements ne sont jamais à exclure, un autre sujet devrait susciter une certaine prudence des marchés dans les prochains jours. Une nouvelle mesure d’inflation pour le mois de mai sera publiée jeudi aux Etats-Unis, soit l’indice PCE des revenus et de la consommation des ménages, très suivi par la Réserve fédérale, dont on n’exclut plus qu’elle soit contrainte de relever ses taux cette année.
Du coté des entreprises, Ubisoft a fait l’objet d’une triste actualité ce week-end. Claude Guillemot, l’un des cinq frères fondateurs de l’entreprise de jeux vidéo, s’est tué vendredi soir dans l’accident de son petit avion à La Baule.
Danone, pour sa part, vient d’annoncer deux opérations en Australie, qui devraient se concrétiser au second semestre et auront un effet positif sur sa rentabilité dès la première année : d’une part, l’acquisition de la société Made, qui réalise plus de 300 millions de chiffre d’affaires dans les produits laitiers et les boissons protéinées ; d’autre, part, le groupe français va acheter les 49% qu’il ne détenait pas dans la coentreprise de produits laitiers frais développée avec Saputo Dairy Australia
Source Investir.