Entre doutes sur l’IA, banques centrales et déluge de résultats, les marchés doivent opérer un tri
La séance de ce jeudi s’annonce particulièrement dense pour les investisseurs. Si les contrats à terme sur le Cac 40 pointent vers une légère progression de 0,3%, les opérateurs vont devoir composer avec une équation complexe : le coup de froid sur les géants technologiques mondiaux, le passage de témoin entre la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne, ainsi qu’une salve de publications trimestrielles de premier plan à la Bourse de Paris.
L’IA en quête de rentabilité
À Wall Street, Alphabet (maison mère de Google) a lourdement chuté de 10 % dans les échanges hors séance après des ventes et un free-cash flow (négatif) jugés décevants, alimentant l’idée que le groupe perd du terrain face à ses concurrents malgré ses investissements colossaux. En Asie, Samsung Electronics a reculé de 4%, pénalisé par un bénéfice net inférieur aux attentes et l'absence d'un nouveau plan de retour aux actionnaires.
Parmi les géants technologiques, Microsoft continue en revanche d’impressionner, le géant de Redmond ayant vu la croissance d’Azure atteindre 48% sur les trois mois écoulés, quand les analystes n’en attendaient « que » 45%. Son titre a gagné jusqu’à 6% dans les échanges après Bourse. Les regards se tourneront désormais vers les résultats d’Amazon dès ce jeudi, puis d’Apple la semaine prochaine. À des niveaux de valorisation aussi tendus, les marchés ne pardonnent plus la moindre déception et exigent des preuves tangibles que l'IA se traduit en profits sonnants et trébuchants.
De la Fed à la BCE : la prudence domine
Sur le front macroéconomique, les investisseurs continuent de digérer la décision rendue mercredi soir par la Fed. Si la banque centrale américaine a maintenu ses taux inchangés par 10 voix contre 2, le marché a surtout retenu la prudence affichée par son président, Kevin Warsh, potentiellement liée à la perception d’un optimisme excessif autour de l'IA.
Côté BCE, aucun changement de taux n’est attendu, mais Francfort devrait s'employer à rassurer les marchés sur les risques liés à la dette souveraine en zone euro en rappelant qu'elle dispose des outils nécessaires pour contrer toute menace systémique. La Banque du Japon suivra vendredi, avec un statu quo également anticipé.
Pluie de résultats à Paris : Société Générale et Air Liquide brillent
Côté valeurs, mais à Paris, les investisseurs devront enfin faire le tri parmi la fournée de publications du jour. Plusieurs fleurons de la cote tricolore affichent de solides performances. La banque de La Défense, Société Générale, a notamment engrangé un bénéfice record de 1,89 milliard d'euros (+24% sur un an), pour un produit net bancaire (PNB) en hausse de 7,8% à 7,17 milliards d'euros, dépassant nettement le consensus. Outre la solidité habituelle de sa banque de financement et d'investissement (899 millions d'euros de profit net), le groupe récolte les fruits du réveil des performances de sa banque de détail en France (+55,4 % de bénéfice net pour le pôle grâce aux taux et à l'assurance-vie) et de la rentabilité confirmée de BoursoBank (101 millions d'euros de bénéfices).
Autre poids lourd du Cac 40 à la fête : Air Liquide. Le géant des gaz industriels a dépassé les attentes avec un chiffre d'affaires de 7,26 milliards d'euros (+3% en données comparables), soutenu par l'électronique et l'industriel marchand. Le groupe confirme ses objectifs 2026-2027 et lance la première tranche de son programme de rachat d'actions d'un milliard d'euros.
Dans les semi-conducteurs, STMicroelectronics apporte une note rassurante en visant 4,15 milliards de dollars de revenus au quatrième trimestre (et une marge brute d'environ 39%), après un bond de 17,9% de ses ventes au troisième trimestre (3,76 milliards de dollars), confirmant la reprise de la demande sur plusieurs de ses marchés finaux.
Chez Renault, le bilan est plus nuancé mais résilient : le chiffre d'affaires progresse de 1,5% à 11,6 milliards d'euros et les objectifs 2026 sont confirmés.
Avec des livraisons d’avions en baisse, Airbus a revanche manqué le coche au troisième trimestre avec des revenus en baisse de 2% à 17,83 milliards d'euros. L’avionneur réitère malgré tout ses prévisions annuelles.
Source Investir 29/10 08:30
