Encore des doutes autour de l’IA et un baril à 110 dollars, le Cac 40 sous pression
Le rebond devrait (encore) tourner court. En nette hausse, mercredi (+1,06%), grâce notamment au bond d’EssilorLuxottica (+15,8%) en réaction à sa publication trimestrielle convaincante, le Cac 40 ouvrira cette nouvelle séance dans le rouge à en juger par les contrats à terme sur l’indice pointant actuellement vers un repli de l’ordre de 0,7% dans les premiers échanges. Un reflux à la fois lié au regain actuel de tensions au Moyen-Orient provoquant une poursuite de la flambée des cours de l’or noir, et aux résultats jugés peu impressionnants de la part de géants technologiques comme Tesla et Meta.
Pressions sur l’or noir
Sur le front pétrolier, Washington a ordonné, mercredi, le départ des employés dits « non essentiels » de son ambassade à Riyad, ainsi que de leurs familles, alors que le royaume est la cible d’attaques quasi-quotidiennes de la part des houthistes yéménites pro-iraniens. Les familles du personnel des ambassades aux Emirats arabes unis, en Jordanie, au Qatar ainsi qu’à Bahreïn ont également été priées de partir, selon une source diplomatique.
Ces pressions constantes ravivent les craintes d’une perturbation de l’offre pétrolière et se traduisent par une nouvelle poussée de fièvre des cours des principales références de brut, le baril de Brent de la mer du Nord se négociant de nouveau à plus de 110 dollars ce jeudi matin. Et ce, alors que le Moyen-Orient exporte pourtant davantage de pétrole qu’avant le début du conflit, malgré la guerre en Iran et les attaques régulières contre les pétroliers tentant de franchir le détroit d’Ormuz – les flux transitant désormais en grande partie par voies terrestres. Selon les données de la société spécialisée dans le suivi de ces flux énergétiques Kpler, les exportations pétrolières de la région ont de fait atteint 24 millions de barils par jour au cours de la semaine qui s'est achevée le 18 octobre, soit 700.000 de plus que lors de la dernière semaine de février. Les capacités de raffinage, en revanche, restent contraintes par les attaques sur les infrastructures au Moyen-Orient ainsi qu’en Russie, tandis que les coûts de transport et d’assurance continuent de flamber, ce qui explique le maintien des cours à des niveaux si élevés.
Tesla coince, Meta n’impressionne pas non plus
Au-delà des cours énergétiques, l’actualité des prochaines semaines et plus particulièrement celle d’aujourd’hui sera dominée par la saison de résultats trimestriels en cours. Deux poids lourds technologiques, Tesla et Meta, ont notamment dévoilé leurs comptes mercredi après la clôture de Wall Street. Le premier cité voit son titre céder plus de 3% malgré une publication globalement conforme aux attentes mais après avoir réduit ses prévisions de dépenses d’investissements.
De l’autre côté, Meta grappille 2% dans les échanges après Bourse après avoir relevé de 5 milliards de dollars la borne basse de sa fourchette de Capex sur l’exercice, à 135 milliards. Quelques heures auparavant, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg avait été condamné à verser 25 milliards de dollars d'amendes dans le cadre du scandale Cambridge Analytica au Nouveau-Mexique, dans lequel le géant des réseaux sociaux a induit les citoyens de l'État en erreur quant à la manière dont il protège et collecte leurs données.
Thales vise le haut de ses objectifs
Côté français, sept composantes du Cac 40 feront un point d’étape ce jour, mais seuls Thales et Hermès avant l’ouverture. Le groupe de défense a fait part de ventes en hausse organique de 8,1% sur les neuf premiers mois de l'année, contre un consensus fixé à 7,4%, tout en engrangeant davantage de commandes qu’anticipé par les analystes. S’il a seulement confirmé ses ambitions d’une croissance organique comprise entre 6% et 7% sur l’ensemble de l’exercice, le groupe a précisé s’attendre à ce que celle-ci atterrisse « dans la borne haute » de cet objectif, « voire au-delà ».
Le fabricant des sacs Birkin, a, de son côté, publié un chiffre d'affaires en hausse de 4,3% à changes constants au troisième trimestre, mais légèrement inférieur aux attentes des analystes (5,2% selon le consensus Visible Alpha), dans un contexte économique jugé « difficile » par le géant du luxe. Hors Cac 40, FDJ United abaisse ses objectifs annuels et table désormais sur une baisse comprise entre 1% et 3% du produit brut des jeux (PBJ) et sur un déclin d'environ 5% de son chiffre d'affaires pour l'exercice en cours.
Source Investir 08:30
