Le Cac 40 en difficulté face à l'élargissement du spread OAT-Bund et l'inflation
L'étau dans lequel est enfermée la place de Paris l'a entraîné sous le seuil des 8.000 points en cette dernière séance du mois de septembre. Après un bref rebond technique jusqu'en milieu de matinée, le Cac 40 est reparti à la baisse, s'inscrivant finalement à 7.964,51 points à la clôture, en retrait de 0,89 % par rapport à mardi soir. Et à son plus bas niveau depuis la mi-mai. Sur le mois, le baromètre perd 4,44 %, sa pire performance depuis mars.
Le marché parisien souffre, outre la géopolitique, les craintes inflationnistes et sur les taux directeurs, des tensions sur le spread (écart de rendement) entre l'OAT française à 10 ans et le Bund allemand de même échéance. Il s'est élargi à 126 points de base, un écart que l'on n'avait plus observé depuis 2012. Paris emprunte désormais à près de 4,83 % à 10 ans, contre environ 3,5 % un an plus tôt. Il faut remonter à 2008 pour retrouver un tel niveau. Les investisseurs continuent et devraient continuer à exiger une prime de risque française, en particulier pour les titres financiers subordonnés, les émetteurs quasi-souverains et ceux exposés au marché national. Les titres internationaux de haute qualité pourraient rester plus résistants. « Les principaux risques résident dans la capacité à supporter la dette et la confiance dans les finances publiques - et non dans la solvabilité ou le financement à court terme, décryptent les experts d'AllianzGI. L'évolution future des spreads dépendra des développements budgétaires et politiques à venir ».
Quelques heures avant la présentation du PLF et du PLFSS
Jeudi, Bercy dévoilera le projet de loi de finances (PLF) et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. Retraités sollicités, dépenses de santé passées au crible, prime d'activité gelée ou produits sucrés taxés, en même temps que les exploitants d'aéroports ou d'autoroutes… Les pistes envisagées risquent de faire grincer bien des dents et d'accroître la défiance des investisseurs vis-à-vis d'une France incapable de réduire ses dépenses et de redresser ses comptes publics. Le pays « a sans doute besoin d'une combinaison de réductions réalistes des dépenses, de réformes visant à améliorer la productivité et d'une croissance plus forte pour stabiliser sa dette, mais l'impasse politique et les élections de 2027 rendent tout progrès difficile », poursuit-on chez AllianzGI. D'autant plus difficile que l'inflation gagne du terrain et commence à embraser les foules. Comme en Espagne, en Allemagne et en Italie, l'inflation dans l'Hexagone - en données harmonisées de l'Union européenne - a accéléré plus que prévu en septembre, pour s'établir à 3,4 % sur un an, contre 2,6 % en août et 3,2 % attendu. L'énergie mène toujours la hausse, avec des prix en progression de 21,2 % sur un an, mais les services et l'alimentation accélèrent aussi. Dans le même temps, les dépenses de consommation des ménages en biens ont reculé de 0,5 % en août, là où les économistes attendaient une stagnation.
Dans un tel contexte, l'inflation américaine, pourtant ressortie trois dixièmes de points sous les attentes en août, à 3,4 % (contre 3,7 %), n'a pas eu d'impact sur le marché. Même quand la donnée s'accompagne d'une composante sous-jacente - hors alimentation et énergie - à 3 % sur un an, contre 3,3 % attendu.
Source Investir
