L'Oréal dépasse les attentes de ventes, Accor relève ses objectifs, Kering déçoit encore et la France attend le jugement de Moody's sur sa dette
La publication trimestrielle de L'Oréal devrait soutenir le Cac 40 à l'ouverture, mais celle de Kering prolonge les doutes sur la reprise du luxe, toujours pénalisé par la demande chinoise. Safran affiche aussi une croissance soutenue et Accor relève ses ambitions. Après les publications d'entreprises et les enquêtes PMI, Moody's rendra ce soir sa décision sur la note française, alors que les créanciers exigent des rendements toujours plus élevés.
L'Oréal accélère et Gucci continue de chercher la sortie de crise. Les publications de jeudi soir donnent deux lectures bien différentes des dépenses des consommateurs, qui restent disposés à acheter des soins haut de gamme, mais se montrent moins empressés de se rendre dans les boutiques de luxe.
Kering a confirmé ce que les publications de LVMH et Hermès ont montré ces derniers jours : une demande chinoise en berne, des prix longtemps poussées trop haut et une guerre au Moyen-Orient qui contraint les achats de la riche clientèle du Golfe.
Les revenus du groupe ont diminué de 1 % en données comparables, une décélération par rapport à l'augmentation de 2 % enregistrée au deuxième trimestre, et sa direction n'a pas réaffirmé l'objectif de retour à la croissance cette année. La seule maison Gucci, sa marque phare, a vu ses ventes reculer de 6 % en organique, à 1,3 milliard d'euros, ce qui est davantage qu'attendu par les analystes.
Accor et Rexel relèvent leurs perspectives
Le modèle diversifié de L'Oréal, proposant des produits à différents niveaux de prix, lui a permis de traverser les turbulences de l'économie mondiale. Le géant des cosmétiques et des parfums affiche une croissance de 7,7 % à périmètre comparable ajusté au troisième trimestre, nettement supérieure aux prévisions. La hausse en Bourse attendue de la première capitalisation de la place de Paris soutiendra le Cac 40 à l'ouverture. Les contrats à terme sur l'indice gagnent près de 0,5 %.
Parmi les autres annonces, le motoriste Safran a dégagé un bond organique de 13,4 % de son chiffre d'affaires grâce à la hausse des livraisons de moteurs civils, la forte croissance de ses activités de maintenance et une demande soutenue pour ses équipements de défense.
Unibail-Rodamco-Westfield, Vinci et Accor ont fait état de facturations en hausse. Le groupe hôtelier a même relevé ses perspectives pour 2026 après avoir bénéficié au troisième trimestre d'une forte reprise de l'activité aux Emirats arabes unis, des concerts de Céline Dion et de la visite du pape en France. Hors Cac 40, c'est Rexel qui se montre plus ambitieux, le groupe de distribution de matériel électrique étant soutenu par ses ventes dans les data centers en Amérique du Nord.
Risque d'abaissement à A1
La soirée de vendredi apportera un autre verdict, sur lequel les entreprises françaises n'ont cette fois aucune prise. Moody's doit réexaminer la note souveraine du pays, actuellement de « Aa3 » avec perspective négative, un cran au-dessus des évaluations de Fitch et de Standard & Poor's. Un abaissement à « A1 », l'équivalent de leur « A+ », est « très plausible », estime Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG, cité par l'AFP.
En avril, l'agence Moody's avait maintenu sa notation en soulignant qu'un déficit 2025 inférieur à ses prévisions rendait l'objectif de réduction pour 2026 plus accessible. Depuis, les arguments favorables se sont raréfiés. Le déficit devrait atteindre 5,4 % du PIB cette année et l'Insee ne prévoit plus que 0,4 % de croissance, contre le 1 % qu'espérait alors l'agence.
Les créanciers n'ont pas attendu cette décision pour revoir leurs exigences. Jeudi à la clôture parisienne, le rendement de l'emprunt français à dix ans s'établissait à 5,07 %, soit plus de 1,7 point de plus que celui de l'Allemagne. La France trouve toujours des prêteurs, mais à un coût croissant, alors que la charge des intérêts doit atteindre 91 milliards d'euros l'an prochain. La contestation sociale et les violences du week-end dernier compliquent encore la recherche d'un compromis budgétaire, à six mois de la présidentielle. Pour Eric Dor, même ramenée à A1, la note française resterait « surestimée par rapport à d'autres pays européens comme l'Espagne et le Portugal ».
Le prix du pétrole poursuit son ascension, avec un cours de Brent autour de 114,5 dollars le baril après un bond de 4 % la veille. Les attaques meurtrières en Arabie saoudite entretiennent les craintes pour les approvisionnements. Les premières conclusions des enquêtes PMI d'octobre permettront ce matin en Europe, puis cet après-midi aux Etats-Unis, de mesurer comment les entreprises absorbent la hausse des coûts, avant l'indice définitif de confiance des consommateurs américains à 16 heures.
Source Investir 08:37
