Le CAC 40 attendu encore dans le rouge sous tensions sociales et budgétaires en France.
La Bourse de Paris devrait reculer à l'ouverture mais des proportions moindres par rapport à la séance de lundi. Les investisseurs restent méfiants, doutant de la capacité du gouvernement à durablement apaiser le climat social tout en préservant une trajectoire budgétaire crédible pour les marchés. Les publications d'entreprises vont aussi s'enchaîner, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe. Schneider Electric lance une augmentation de capital pour le rachat de PTC.
Les couvre-feux ramènent le « calme » dans les rues, dixit le Premier ministre, mais ils ne règlent pas les comptes publics. Après les violences du week-end, les investisseurs restent réticents à détenir de la dette et des actifs français, craignant que la contestation rende encore plus difficile la réduction du déficit. A six mois de la présidentielle, le gouvernement doit trouver une réponse à la colère contre la vie chère avec des moyens que ses créanciers lui demandent précisément de limiter. Et même si le gouvernement parvient à faire adopter un budget, les choix retenus pourraient être remis en cause après les élections par ceux qui succéderont à Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu.
Le Cac 40 devrait perdre encore 0,3 % à l'ouverture, après avoir chuté de 1,1 % lundi. Une chute qui a touché un large pan de la cote, des banques, comme Société Générale (-3,4 %), au géant hôtelier Accor (-3 %). Sur la dette souveraine, le rendement de l'emprunt français à dix ans a bondi de neuf points de base par rapport à son équivalent allemand jugé plus sûr, soit un spread de 147 points de base à la clôture. Et la pression pourrait monter d'un cran vendredi, car l'agence Moody's doit réviser sa note souveraine pour la France. Elle est encore supérieure d'un cran à celles décernées par Fitch et Standard & Poor's, mais elle est assortie d'une perspective négative. Une nouvelle baisse de la notation française n'est donc pas à exclure.
65 % des valeurs en baisse
« A l'heure actuelle, les turbulences sur les marchés obligataires européens contribuent peut-être à tempérer la vague de ventes de l'autre côté de l'Atlantique. Des inquiétudes budgétaires pèsent également aux Etats-Unis, mais ces informations ont été éclipsées par les images de voitures et de bâtiments historiques en feu en France. Pourtant, le rendement des obligations américaines à dix ans a rebondi hier après avoir frôlé les 5 %, ce qui suggère que la demande de valeurs refuges n'a pas suffi à maintenir les rendements à un niveau bas », souligne Ipek Ozkardeskaya, analyse senior chez Swissquote Bank.
Wall Street a même retrouvé des acheteurs, mais le rebond était moins partagé que les indices ne le laissent penser. Le Nasdaq Composite a gagné plus de 1 % et le S&P 500 environ 0,4 %, avec Nvidia en hausse de 1,4 % et Tesla de 3,8 %. Pourtant, environ 65 % des valeurs de l'indice phare ont terminé en baisse. Les grandes capitalisations technologiques ont donc tiré l'ensemble, l'indice des semi-conducteurs interrompant huit séances consécutives de recul. Les contrats à terme évoluent pour l'instant dans le désordre avant une journée marquée par les publications d'entreprises.
Augmentation de capital lancée chez Schneider
General Motors, 3M, GE Aerospace et RTX présenteront leurs comptes du troisième trimestre, avant Netflix, SpaceX et United Airlines dans la soirée. Environ 70 entreprises du S&P 500 doivent publier cette semaine. Meta, Tesla et IBM seront à l'honneur mercredi. « Les inquiétudes sur le financement des investissements dans l'IA ont contribué à une baisse de 2 % du S&P 500 la semaine dernière, ce qui fait de l'accélération de la saison des résultats un test important, souligne Mark Haefele, directeur des investissements d'UBS Global Wealth Management. Les résultats montreront si une forte croissance des bénéfices peut rétablir la confiance dans la hausse des actions ».
A Paris, Carrefour, EssilorLuxottica et Michelin publieront leurs ventes après la clôture. En attendant, on a appris que Schneider Electric a lancé une augmentation de capital d'environ 6 milliards d'euros pour financer en partie l'acquisition de PTC, éditeur américain de logiciels d'ingénierie, pour une valeur d'entreprise de 21,1 milliards d'euros.
Le groupe chimique Solvay a abaissé ses objectifs pour 2026, impacté au troisième trimestre par le conflit au Moyen-Orient et l'arrêt d'une usine de peroxyde en Arabie saoudite.
Source Investir 08:35
