Les violences en France pèsent sur la Bourse et l'euro, Wall Street tente de reprendre pied avant les résultats de la tech

Le gouvernement français doit répondre à ceux qui demandent de pouvoir dépenser davantage, tout en convainquant ses créanciers qu'il dépensera moins. Les violences du week-end rendent l'exercice encore plus difficile, à six mois de l'élection présidentielle et avec une Assemblée nationale profondément divisée. Alors que la colère contre la vie chère s'intensifie, les investisseurs cherchent à savoir ce qu'il restera du projet de réduction du déficit une fois trouvée la réponse politique à la crise.

Le Cac 40 pourrait perdre environ 0,7 % à l'ouverture ce lundi. Les obligations françaises à dix ans reculent également et l'euro a cédé jusqu'à 0,5 % face au dollar, avant de réduire ses pertes. Les manifestations ont dégénéré en affrontements, pillages et dégradations de bâtiments publics dans plusieurs villes. Dimanche soir, Emmanuel Macron a condamné les violences et demandé au gouvernement de réunir cette semaine étudiants, enseignants, élus, syndicats et entreprises pour élaborer des propositions.

Le projet de budget pour 2027, dont l'examen a commencé la semaine dernière à l'Assemblée, prévoit environ 43 milliards d'euros de mesures de réduction du déficit. Le montant est posé. Reste à trouver comment le faire accepter dans un pays où les manifestations risquent précisément de compliquer les mesures d'austérité, relève Rodrigo Catril, stratégiste chez National Australia Bank. « Les problèmes budgétaires français sont déjà considérables en eux-mêmes, mais ils sont rendus encore plus difficiles à résoudre par l'élection présidentielle à venir et une Assemblée sans majorité, où la recherche d'un consensus s'est souvent révélée impossible », écrivent les stratégistes de Barclays, qui conservent une perspective négative à moyen terme sur l'euro.

Sanctions gélées

Les tensions autour de l'Ukraine ajoutent à la pression sur la monnaie unique. Volodymyr Zelensky accuse Donald Trump de chercher à pousser Kiev à céder face à Moscou. « Dans l'intérêt national des Etats-Unis », un décret présidentiel du milliardaire a exempté la Russie de nouvelles sanctions américaines vendredi et un accord entre Washington et Moscou permettant aux Etats-Unis d'importer du diesel russe a été annoncé quelques jours plus tôt. Dans ce climat, les emprunts du Trésor américain continuent de retrouver des acheteurs en quête de sécurité, avec un rendement à dix ans en petite baisse à 5,07 %.

Le pétrole se détend, sans devenir pour autant bon marché. Loin de là. Le cours du Brent recule de 2 %, vers 107,5 dollars le baril, après avoir bondi de près de 4 % et atteint un sommet de cinq mois vendredi. Les opérateurs doivent composer avec des attaques qui se poursuivent et des approvisionnements qui résistent, deux réalités dont les conséquences tirent sur les prix en sens contraire. 

L'IA l'heure des comptes

Wall Street aborde la semaine avec une autre préoccupation : les résultats des entreprises technologiques. Netflix publiera ses comptes du troisième trimestre demain soir, puis Tesla, Meta et IBM mercredi. Les investisseurs voudront entendre des preuves que l'IA contribue à générer suffisamment de revenus et de bénéfices pour justifier des dépenses excessives.

Les contrats à terme sur le Nasdaq 100 remontent de 1,4 % et ceux du S&P 500 de 0,8 %. Le rebond arrive après une séquence particulièrement difficile pour les fabricants de puces, dont l'indice boursier de référence a enregistré sa plus longue série de baisses depuis 2008. « Les résultats permettront de déterminer si les ventes de la semaine dernière dans l'IA étaient une réaction excessive ou un signal d'alerte », estime Marc Jocum, stratégiste chez Global X Management.

Source Investir


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