Sanction sur la Tech. Wanted: valeurs refuges et secteurs défensifs
Après trois jours de hausse, les valeurs technologiques ont reculé hier. Les actions d'Alphabet ont enregistré une chute record de 12% après l'annonce de ses résultats. Les traders ont aussi vendu les actions de Samsung Electronics, alors que l'entreprise a manqué les estimations de bénéfice et retardé la publication de son plan de rémunération des actionnaires. A noter qu’Amazon et Intel plongent, eux, de 6% et 21% dans les échanges post-clôture à Wall Street. « Cette saison des résultats a été difficile pour les acteurs de l'IA, la plupart d'entre eux étant sanctionnés dans un contexte de craintes liées à une bulle [spéculative] et à l'inflation, a commenté auprès de Bloomberg Anna Wu, stratégiste en investissement et fondatrice de Floodlines Research. L'inquiétude ne concerne pas tant un éventuel ralentissement de la demande en IA, mais plutôt le fait que la hausse des coûts de financement et du risque de crédit puisse forcer les géants du cloud à ralentir leur expansion. » L’interminable questionnement sur la capacité des dépenses massives de ces acteurs à générer rapidement du rendement pour justifier des valorisations élevées reprend donc le dessus. La tendance s’est propagée en Asie aujourd’hui, l'indice sud-coréen Kospi, baromètre clé du commerce de l'IA en raison de la prépondérance des fabricants de mémoire en son sein, chutait, peu avant l’ouverture à Paris, de près de 5%. Les actions de Samsung chutent encore 4%, après une baisse similaire hier. SK Hynix perd environ 2%. Les valeurs de l’énergie, de la consommation et de la santé profitent de ce désamour, tout comme les obligations d’Etat. A noter, par ailleurs, que le prix du pétrole repart à la hausse, le baril de Brent se négociant à 117 dollars, alors que de nouvelles rumeurs de presse indiquent que les Etats-Unis pourraient lancer des frappes aériennes en Iran après les élections de mi-mandat du 3 novembre… à moins que les négociations de paix soient relancées. Une poignée de rendez-vous macroéconomiques animeront la séance ce vendredi. Les investisseurs scruteront avant tout l’inflation au mois d'octobre en France (8 h 45) et en Allemagne (14 heures), où sera également publiée, peu avant 10 heures, l’estimation du chômage pour le même mois. En zone euro, l’estimation préliminaire du produit intérieur brut au troisième trimestre et la statistique du chômage de septembre seront publiés à 11 heures. Outre-Atlantique, les marchés prendront connaissance du coût de l'emploi du troisième trimestre (13 h 30).
Quatre résultats pour le Cac 40 Au chapitre des valeurs, on surveillera l’accueil réservé aux résultats de quatre membres du Cac 40.
Axa a publié, hier après la clôture, une hausse de 5% sur un an des primes sur les neuf premiers mois de l'année, à 93 milliards d’euros. L'activité Vie et santé (+7%), soutenue par ses produits d'épargne et la dynamique des contrats en unité de compte, a compensé une croissance plus limitée dans l'assurance dommages (+3%). L’assureur a confirmé ses objectifs annuels. Crédit Agricole a vu son produit net bancaire (équivalent du chiffre d'affaires dans ce secteur) atteindre 10,5 milliards d'euros, en progression de 10,7% sur un an, grâce aux contributions des banques de détail en France, de l'assurance et de la banque de grande clientèle. Le bénéfice net du groupe a bondi de plus de 28% au troisième trimestre, à 7,6 milliards d'euros, grâce notamment aux caisses régionales. Pris seul, le bénéfice net de l’entité cotée, Crédit Agricole SA, est en ligne avec les attentes des analystes, en hausse de 11%, à près de 2 milliards d'euros. Capgemini a, de son côté, relevé, ce matin pour la deuxième fois de l'année, sa prévision de croissance pour 2026, conforté par une activité soutenue au troisième trimestre. Sur cette période, son chiffre d'affaires a atteint 6,1 milliards d'euros, soit une hausse de 11,7% sur un an à taux de change constants. L’entreprise de services du numérique table maintenant sur une croissance de son chiffre d'affaires de 9% à 9,5% à taux de change constants par rapport à 2025, et non plus sur une progression de 8,5% à 9%. La marge opérationnelle reste attendue entre 13,6% et 13,8%. Sanofi a rehaussé ses objectifs annuels après avoir fait état d'un chiffre d'affaires supérieur aux attentes au troisième trimestre, en raison de la performance de ses nouveaux médicaments et du Dupixent. Le laboratoire pharmaceutique table désormais sur un taux de croissance des ventes entre 10 et 13% à changes constants et de son bénéfice net par action d’environ 15%. Au troisième trimestre, son chiffre d'affaires s’est établi à 14,4 milliards d'euros, en progression annuelle de 14,3%, soit plus que les 13,3 milliards d'euros attendus par un consensus compilé par le groupe. Bouygues a annoncé qu’il enregistrera une dépréciation comptable de sa participation dans TF1 d’un montant de 569 millions d’euros, en raison du recul des revenus publicitaires annoncés hier par le groupe télévisuel. La valeur de celui-ci au bilan consolidé du conglomérat, dont le résultat net en pâtira mécaniquement, sera ainsi ramenée à 2 milliards d’euros au 30 septembre 2026, soit 9,67 euros par action, contre 15,36 euros avant dépréciation.
Source Investir 30/10/26 08:30
